Var. grand
3. Var. qui ne se démente jamais, <2w/(««/ ^î^<? le feut porter la faiblesse humaine. — Ces huit derniers mots, efifacés. ^ Var. (1669) : * qui soit incapable de se démentir elle-même.
4 Addition de 1669 : « * En l'une et en l'autre rencontre la modestie fait baisser les yeux et monter la rougeur au front. *
5. Canevas^ tracé en marge, en 1669, et qu'on a introduit dans le texte, en l'arrangeant un peu : « * D'où vient à une âme bien née cette honte des louanges .^ Naturelle à la vertu. Je dis à la vertu chrétienne, car on nen connaît point d'autre en cette chaire. Il est donc de la nature de la vertu d'appréhender les louanges ; et si vous pesez attentivement avec quelles précautions le Fils de Dieu l'oblige de se cacher : Attendite ne jiistitiam \yestram faciatis coram hominibus'l {Matth.^ vi, i)... Voulez-vous p^ier ? Dans le cabinet; fermez la porte
C'est pourquoi saint Jean Chrysostome compare la vertu chrétienne à une fille honnête et pudique, élevée dans la maison paternelle avec une merveilleuse retenue. On ne la mène pas, dit-il (''), aux théâtres ('); on ne la produit pas dans les assemblées; elle n'écoute point les discours des hommes, ni leurs dangereuses flatteries (^) ; elle aime la retraite et la solitude, et se plaît à se cacher {^), non par honte, mais par modestie : car, mes frères, ce n'est pas un moindre excès de cacher la vertu par honte, que de la produire par affectation ('*). Les hypocrites sont dignes et de blâme et de mépris tout ensemble, qui l'étaient avec art et pompeusement : les lâches ne le sont pas moins qui rougissent de la professer, et lui donnent moins de liberté de paraître au jour que le vice même ne s'en attribue. Ainsi la véritable vertu ne fuit pas toujours de se faire voir ; mais jamais elle ne se montre qu'avec sa simple parure. Bien loin de vouloir attirer {^) les yeux par des ornements empruntés, elle cache même une partie de sa beauté naturelle : et le peu qu'elle en découvre avec retenue est tellement éloigné de tout artifice, qu'on voit bien qu'elle n'a pas dessein d'être regardée, mais plutôt d'inviter les hommes par sa modestie à glorifier le Père céleste : 67 videant opéra vestra bona, et glorijicent SJPatrem vestruni qui in cœlis est\ (^).
Voilà l'idée véritable de la vertu chrétienne : y a-t-il rien de plus sage ni de plus modeste (^) .^ La vaine gloire, dit
a. In Mat th. Hom. LXXI. — b. Matik., V, i6.
{Ibid., 6) : Orationejn tuam fac esse inysterïwn (S. Chrysost., Ho7n. XIX ïft Matth.) ; et ainsi des autres... Voyez donc comme il élève la vertu : il la retire du monde, il la tient dans le cabinet et sous la clef, il la cache non seulement aux autres, mais à elle-même ; il ne veut pas € que la gauche sache l'aumône que fait la droite [var. ce que fait...); enfin il la réserve pour les yeux du Père. »