‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 524 sur 573 · Var. honorer assez · texte numérisé non relu

Var. honorer assez

6o8 AVENT DE SAINT-GERMAIN.

reuse. Élevez vos esprits, mes frères, et considérez attentivement combien grande, combien éminente est la vocation de Marie, que Dieu a prédestinée avant tous les temps pour donner par elle Jésus-Christ au monde. Mais il faut encore ajouter que, Dieu l'ayant appelée à ce glorieux ministère, il ne veut pas qu'elle soit un simple canal (') d'une telle grâce, mais un instrument volontaire, qui contribue (-) à ce grand ouvrage, non seulement par ses excellentes dispositions, mais encore par un mouvement de sa volonté. C'est pourquoi le Père éternel envoie un ange pour lui proposer le mystère, qui ne s'achèvera pas tant que Marie sera incertaine {') ; si bien que ce grand ouvrage de l'Incarnation, qui tient depuis tant de siècles toute la nature en attente, lorsque Dieu est résolu de l'accomplir demeure encore en suspens, jusqu'à ce que la divine Vierge y ait consenti : tant il a été nécessaire aux hommes que Marie ait désiré leur salut. Aussitôt qu'elle a donné ce consentement, les cieux sont ouverts, le Fils de Dieu est fait homme, et les hommes ont un Sauveur. La charité de Marie a donc été en quelque sorte la source féconde d'où la grâce a pris son cours, et s'est répandue avec abondance sur toute la nature humaine. Et comme dit saint Ambroise ('^), « c'est de ses bénies (^) entrailles qu'est sorti avec abondance cet esprit de sainte ferveur qui, étant premièrement survenu en elle, a inondé toute la terre : » Utérus Mariœ, Spiritu ferventi qui supervenit in eam replevit orbem terrarum, cum pepe^nt Salvatore7u ("").

Il a donc fallu, chrétiens, que Marie ait concouru par sa charité à donner au monde son Libérateur. Comme cette

a. S. Ambr., de Inst. Virg.^ cap. xn.

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