Var. la bienheureuse Marie
8. Le laiin en marge : Carne mater capiiis 7iosîri, spiriiu mater mefnbrorum
FÊTE DE LA CONCEPTION. 6l
comme l'ont entendu, dès les premiers siècles, ceux qui ont traité avant nous les Ecritures divines. Mais, mes frères, ce n'est pas assez qu'elle contribue à les faire naître (') ; voyons la part que Jésus lui donne dans leur fidèle persévérance.
Paraissez donc, enfants de miséricorde et de grâce, d'adoption et de prédestination éternelle, fidèles compagnons du Sauveur Jésus, qui persévérez avec lui jusques à la fin ; accourez à la sainte Vierge, et venez vous ranger avec les autres sous les ailes de sa charité maternelle. Chrétiens, je les vois paraître, et le disciple chéri de notre Sauveur nous les représente au Calvaire. Puisqu'il suit avec Marie Jésus- Christ jusques à la croix, pendant que les autres disciples prennent la fuite ; puisqu'il s'attache constamment à ce bois mystique, qu'il vient généreusement mourir avec lui, il est la figure des fidèles persévérants : et vous voyez aussi que jÉsus-CiiRisT le donne à sa Mère (") : « Femme, lui dit-il, voilà votre fils ('^). »
Chrétiens, j'ai tenu parole. Ceux qui savent considérer combien l'Écriture est mystérieuse, connaîtront, par ces trois exemples, que (^) Marie est la mère des appelés, des justifiés, des persévérants ; et que sa charité féconde est un instrument général des opérations de la grâce. Par conséquent réjouissons-nous de sa conception bienheureuse ; le ciel nous forme aujourd'hui une protectrice {^). Car quelle
a. /oan.j xix, 26.
ejus, quia cooperata est caritate utfilH Dei nascereiiiiir in Ecclesia (S: Aug., de sanct. Virginit.^ n. 6).— Ces paroles, que Bossuet a citées sous cette forme dès sa première jeunesse, sont une analyse de l'auteur, et non le texte même. Saint Augustin disait: Mater niembrortDn ejus, çuod nos jumus^ quia cooperata est caritate ut fidèles iît Ecclesia ?iascerentur^ quœ illius capitis tnembra sunt : corpore vero ipsius capitis mater. (De sanct. Virginit., n. 6.)