Var. précis. — Corrigé dès la seconde édition
3. Latin en marge : Properavit educere... de medio iniquitaium. (Sap., IV, 14.)
4. Finis factus est erroris^ quia cuipa^ non natura defecit. (S. Ambr., Z)^ <$(7;/^ fnoriis, cap. ix, n. 38,)
5. Édit. orig. dessein. — Les deux sens étaient indistincts pour l'œil. ,
DE HENRIETTE d'aNGLETERRE. 679
commençait le plus noblement : disons qu'elle a mis fin aux plus grands périls dont une âme chrétienne peut être assaillie. Et, pour ne point parler ici des tentations infinies qui attaquent à chaque pas la faiblesse humaine, quel péril n'eût point trouvé cette princesse dans sa propre gloire ! La gloire ! qu'y a-t-il pour le chrétien de plus pernicieux et de plus mortel ? quel appât plus dangereux ? quelle fumée plus capable de faire tourner les meilleures têtes ? Considérez la princesse ; représentez-vous cet esprit, qui, répandu par tout son extérieur, en rendait les grâces si vives: tout était esprit, tout était bonté. Affable à tous avec dignité, elle savait estimer les uns sans fâcher les autres ; et quoique le mérite fût distingué, la faiblesse ne se sentait pas dédaignée. Quand quelqu'un traitait avec elle, il semblait qu'elle eût oublié son rang, pour ne se soutenir que par sa raison. On ne s'apercevait presque pas qu'on parlât à une personne si élevée ; on sentait seulement au fond de son cœur qu'on eût voulu lui rendre au centuple la grandeur dont elle se dépouillait si obligeamment. Fidèle en ses paroles, incapable de déguisement, sûre à ses amis, par la lumière et la droiture de son esprit elle les mettait à couvert des vains ombrages, et ne leur laissait à craindre que leurs propres fautes. Très reconnaissante des services, elle aimait à prévenir les injures par sa bonté; vive à les sentir, facile à les pardonner. Que dirai-je de sa libéralité ? Elle donnait non seulement avec joie, mais avec une hauteur d'âme qui marquait tout ensemble et le mépris du don et l'estime de la personne. Tantôt par des paroles touchantes, tantôt même par son silence, elle relevait ses présents ; et cet art de donner agréablement, qu'elle avait si bien pratiqué durant sa vie, l'a suivie, je le sais ('),
I. Bossuet était nommé à l'évêché de Condom : la duchesse d'Orléans, pour lui témoigner sa reconnaissance de l'oraison funèbre de sa mère et des conférences religieuses qu'il venait lui faire à elle-même, avait résolu de lui offrir un anneau pastoral. Elle s'en ressouvint « entre les bras de la mort, > et, rapporte M""' de la Fayette, sa première femme de chambre s'ctant approchée d'elle pour lui donner quelque chose, elle lui dit en anglais, afin que M. de Condorn ne l'entendît pas : « Donnez à M. de Condom, lorsque je serai morte, l'émeraude que j'avais fait faire pour lui. » On sait le conte imaginé par Maury à cette occasion. A ceux qui regrettaient devant Bossuèt que les bienséances de la chaire ne lui
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jusqu'entre les bras delà mort. Avec tant de grandes et tant d'aimables qualités, qui eût pu lui refuser son admiration ? Mais avec son crédit, avec sa puissance, qui n'eût voulu s'attacher à elle ? N'allait-elle pas gagner tous les cœurs ? c'est-à-dire, la seule chose qu'ont à gagner {') ceux à qui la naissance et la fortune semblent tout donner : et si cette haute élévation est un précipice affreux pour les chrétiens, ne puis-je pas dire, messieurs, pour me servir des paroles fortes du plus grave des historiens, « qu'elle allait être précipitée dans la gloire (') ? » Car quelle créature fut jamais plus propre à être l'idole du monde ? Mais ces idoles que le monde adore, à combien de tentations délicates ne sont-elles pas exposées ? La gloire, il est vrai, les défend de quelques faiblesses ; mais la gloire les défend-elle de la gloire même ? ne s'adorent-elles pas secrètement? ne veulent-elles pas être adorées ? Que n'ont-elles pas à craindre de leur amourpropre? et que se peut refuser la faiblesse humaine, pendant que le monde lui accorde tout ? N'est-ce pas là qu'on apprend à faire servir à l'ambition, à la grandeur, à la politique, et la vertu, et la religion, et le nom de Dieu ? La modération, que le monde affecte, n'étouffe pas les mouvements de la vanité : elle ne sert qu'à les cacher ; et plus elle ménage les dehors, plus elle livre le cœur aux sentiments les plus délicats et les plus dangereux de la fausse gloire. On ne compte plus que soi-même ; et on dit au fond de son cœur : « Je suis, et il n'y a que moi sur la terre {^). » En cet état, messieurs, la vie n'est-elle pas un péril ? La mort n'est-elle pas une o-râce ? Oue ne doit-on pas craindre de ses vices, si les bonnes qualités sont si dangereuses ? N'est-ce donc pas un bienfait de Dieu, d'avoir abrégé les tentations avec les jours de Madame ; de l'avoir arrachée à sa propre gloire,
permissent pas sans doute « de rappeler dans cet éloge un legs aussi honorable pour la princesse que pour l'orateur, » il aurait répondu : « Et pourquoi pas ? » et cet endroit de son discours serait comme une gageure qu'il aurait gagnée. — Déjà Ledieu avait prétendu à tort, dans ses Mémoires, que cette bague précieuse était celle que Madame avait portée elle-même. Il ignorait que celle-ci avait été léguée par elle à son frère le roi d'Angleterre.