‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 6 sur 573 · Var. sans trouble · texte numérisé non relu

Var. sans trouble

2. Edit. que de leur liberté. — Bossuet avait çcrit : « qu'ils font de leur liberté. » Il eftace ce membre de plu^ase.

VOUS devez entendre par là qu'il y en a aussi une fausse (') ; et c'est ce qui paraît clairement dans ces paroles du Sauveur : Sz vos Filius liberave^^it, ve7'e liberi eritis (^) : « Vous serez vraiment libres, dit-il, quand je vous aurai affranchis. » Quand il dit que nous serons vraiment libres, il a dessein de nous faire entendre qu'il y a une liberté qui n'est qu'apparente ; et il veut que nous aspirions, non à toute sorte de franchise, mais à la franchise véritable, à la liberté digne de ce nom : c'est-à-dire, à celle qui nous est donnée^ par sa grâce et par sa doctrine : vere \liberi eritis^ C'est pourquoi nous ne devons pas nous laisser surprendre par le nom ni par l'apparence de la liberté. Il faut ici nous rendre attentifs à démêler le vrai d'avec le faux ; et pour le faire nettement et distinctement, je remarquerai, chrétiens, trois espèces de liberté, que nous pouvons nous figurer dans les créatures : la première, c'est la liberté des animaux ; la seconde, c'est la liberté des rebelles ; la troisième, c'est la liberté des sujets et des enfants. Les animaux semblent être libres (^), parce qu'on ne leur prescrit aucunes lois ; les rebelles s'imaginent l'être, parce qu'ils secouent le joug des lois : les sujets et les enfants de Dieu le sont en effet, parce qu'ils se soumettent humblement à la sainte autorité des lois. Telle est la liberté véritable ; et il nous sera aisé de l'établir solidement par la destruction des deux autres.

Et premièrement, chrétiens, pour ce qui regarde cette liberté dont jouissent les animaux, j'ai honte de l'appeler de la sorte et de ravilir (^) jusques-là un si beau no'm. Il est vrai qu'ils n'ont pas de lois qui répriment leurs appétits, ou dirigent leurs mouvements ; mais c'est qu'ils n'ont pas d'intelligence qui les rende capables d'être gouvernés par la sage direction des lois : ils vont où les pousse un instinct

a. Joa7i.^ VIII, 36, — Ms... iunc vere... De même plus bas. — Xe tune était déjà dans la mémoire de Bossuet, quand il composait les VêUires pour des Postulantes Bernardines, en 1656 et 1659.

1. Correction: apparente. — Cette surcharge ne paraît pas définitive. En joignant à ce mot une négative, comme l'auteur le fait un peu plus loin, par une autre surcharge, on lui fait exprimer l'idée d'une façon plus complète

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