‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 83 sur 573 · Cest-àdire : que la charité se répande · texte numérisé non relu

Cest-àdire : que la charité se répande

4. Vat. constante, solide. — Edii. solide, constante, sincère. (Les variantes étaient écrites à la suite, mais séparées par un point.)

prochain comme toi-même. » Et afin que vous entendiez avec combien de sagesse Jésus-Christ a renfermé dans ces deux préceptes toute la justice chrétienne, vous remarquerez, s'il vous plaît, que pour garder la justice nous n'avons que deux choses à considérer : premièrement sous qui nous avons (') à vivre, et ensuite avec qui nous avons à vivre. Nous vivons sous l'empire (^) de Dieu et nous sommes faits pour lui seul; c'est pourquoi le devoir (^) essentiel de la nature raisonnable, c'est de s'unir saintement à Dieu ('•) par une fidèle dépendance. Mais comme, en vivant ensemble sous son empire (5), nous avons aussi à vivre avec nos semblables en paix et en équité (^), il s'ensuit que l'accessoire et le second bien, que nous ne devons chérir que pour Dieu, mais aussi qui nous doit être après Dieu le plus estimable, c'est notre société mutuelle. Par où vous voyez manifestement qu'en effet toute la justice consiste dans l'observance de ces deux préceptes, conformément à cette parole de notre Sauveur : « Toute la loi et les prophètes dépendent de ces deux commandements : » In his duobus mandatis tmiversa lex pendet et prophetœ (^).

Cette doctrine (^) étant supposée, il est aisé de comprendre que le premier de ces préceptes, c'est-à-dire celui de l'amour de Dieu, est le fondement nécessaire de l'autre,

a. Matth.^ XXI l, 40.

1. Mot souligné. L'orateur, ce semble, a eu un instant l'intention d'abréger ainsi sa phrase : «... sous qui et avec qui nous avons à vivre. » Toutefois il a ensuite renoncé à cette correction ; de peur, sans doute, que l'une des deux idées ne passât inaperçue, si l'expression en était trop rapide.

2. É dit. sous l'empire sotiveraifi. — Cet adjectif est condamné.

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