Var. qu'elle lui soit unie par
5. Édit. suprême. — Effacé. Reste d'une première rédaction : « sous l'empire suprême de Dieu.»
6. Deux mots soulignés, mais non remplacés. La conjonction, qui est conservée, doit être suivie d'un second complément. Retenons seulement que celui-ci n'a pas satisfait pleinement notre auteur.
7. Première rédaction (effacée) : « Or il est aisé de comprendre que le premier de ces préceptes est le fondement de l'autre. Quiconque aime Dieu de tout son cœur est capable de ne donner aucunes bornes au cours de sa charité, et de l'étendre sur tous les hommes. Celui qui aime par humeur, ou par passion, ou par intérêt, rétrécit son cœur par nécessité, et il en exclut bien plus de personnes qu'il n'est capable d'y en [renfermer]. »
qui regarde l'amour du prochain. Car qui ne voit clairement que pour aimer le prochain comme nous-mêmes il faut être capable de lui désirer et même de lui procurer le même bien que nous désirons ? Et pour pouvoir s'élever à une si haute et si pure disposition, ne faut-il pas avoir détaché son cœur des biens particuliers, où nous pouvons être divisés par la partialité et la concurrence, pour retourner par un amour chaste au bien commun et général de la créature raisonnable, c'est-à-dire Dieu, qui seul suffit à tous par son abondance, et que nous possédons d'autant plus que nous travaillons davantage à en faire part aux autres ? Celui donc qui aime Dieu d'un cœur véritable, comme parle l'Ecriture sainte ("), est capable d'aimer cordialement, non seulement quelques hommes, mais tous les hommes, et de vouloir du bien à tous avec une charité parfaite. Mais celui au contraire qui n'aime pas Dieu, quoi qu'il die (') et quoi qu'il promette, il n aimera que lui-même ; et ainsi tout ce qu'il aura d'amour pour les autres ne peut jamais être ni pur, ni sincère, ni enfin assez cordial pour mériter qu'on s'y fiQ.
En effet, cette attache intime que nous avons à nousmêmes, c'est la ligne de séparation, c'est la paroi mitoyenne entre tous les cœurs, c'est ce qui fait que chacun de nous se renferme tout entier dans ses intérêts et se cantonne en lui-même, toujours prêt à dire avec Caïn : « Ou'ai-je affaire de mon frère ? » N'îim custos frati^is mei stini ego (^) ? C'est pourquoi l'apôtre saint Paul (^) parlant de ceux qui s'aiment eux-mêmes, dit que « ce sont des hommes sans affection et ennemis de la paix (-). » Car il est vrai que notre amour propre nous empêche d'aimer le prochain comme la loi le prescrit. La loi veut que nous l'aimions' comme nous-mêmes, sicut teipsum, parce que, selon la nature et selon la grâce, il est notre prochain et notre semblable, et non pas notre inférieur ; mais l'amour-propre bien mieux obéi fait que nous l'aimons pour nous-mêmes, et non pas comme nous-mêmes;
..^./^J., XXIV, 14. — b. Ge?tes.,\\\g. — c. II Tim., m, 2, 3.