‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 9 sur 573 · Var. qu'on les traite d'égal · texte numérisé non relu

Var. qu'on les traite d'égal

3. Var. brutes. — On peut hésiter entre cette, expression et celles de notre texte. La première rédaction portait : « avec les animaux insejisés. » (Effacé.)

4. Var. que leur reproche avec raison un ami de Job, — que leur reprochait le saint homme Job, quand il a dit ces paroles...

5. Edit. fougueux et indompté. — Les deux premiers mots sont effacés par un trait à la sanguine.

6. Fizr. N'est-ce pas que vous vous imaginez...? — Edit. N'est-ce pas sans doute que vous vous imaginez...? — Erreur d'interprétation qui impute à Bossuet un étrange style.

7. Edit. et encordes plus indomptés... — Les deux premiers mots sont effacés.

8. Ms. siait. Mais Bossuet citait exactement cette même phrase quelques lignes plus haut.

autrement vous la verriez dégénérer en un égarement énorme ('). Il faut vous donner des lois, parce que vous êtes capables de raison et dignes d'être gouvernés par une conduite réglée : Constitue, Domine, legislatorem super eos, ut sciant gente s qtwniam homines simt (") : « O Seigneur, envoyez un législateur à votre peuple ; » donnez-lui (') premièrement un Moïse, qui leur apprenne leurs premiers éléments et conduise leur enfance : donnez-leur ensuite Jésus-Christ, qui les enseigne dans l'âge plus mûr, et les mène à la perfection, « et ainsi vous ferez connaître que vous les traitez comme des hommes ; » c'est-à-dire, comme des créatures que vous avez formées à votre image, et dont vous voulez aussi former les mœurs (3) selon les lois de votre vérité éternelle.

Que s'il est juste et nécessaire que Dieu nous donne des lois, confessez qu'il ne l'est pas moins que notre volonté s'y soumette. C'est pour cela que la sainte Vierge nous montre aujourd'hui un si grand exemple d'une parfaite obéissance. Plus pure que les rayons du soleil, elle se soumet à la loi de la purification. Le Sauveur lui-même est porté au temple, parce que la loi le commande; et le Fils ne dédaigne pas d'être assujetti à la loi qui a été établie pour les serviteurs (f). A cet exemple, messieurs, n'aimons notre liberté que pour la soumettre à Dieu; et (5) ne nous persuadons pas que ses saintes lois nous la ravissent. Ce n'est pas s'opposer à un fleuve, ni à la liberté de son cours, que de relever ses bords de part et d'autre, de peur qu'il ne se déborde et ne perde ses eaux

a. Ps., IX, 21.

1. Var. (correction effacée) : prodigieux. — E7iori7ie semble signifier : «qui s'éloigne de la règle ; » sens étymologique. — Dans cette phrase, un trait à la sanguine sous 7nais^ et sous //?z, étaient apparemment antérieurs aux corrections ; car ces deux mots paraissent nécessaires dans la rédaction définitive. [Certes est une addition.)

2. Var. donnez-leur. — La première rédaction portait : i tnvoyti-ietir un législateur, donnez-leur... » — Le pluriel revient ensuite, et s'accorde, par syllepse, avec peuple.

3. Var. et que vous voulez aussi rendre conformes, par vos saintes lois, à votre vérité éternelle.

4. Var. et (un Dieu) ne dédaigne pas de se soumettre à la loi qu'il a établie pour ses serviteurs.

5. Toute la fin de cet alinéa est une addition marginale, avec renvoi.

dans la campagne ; au contraire c*est lui donner le moyen de couler plus doucement dans son lit, et de suivre plus certainement son cours naturel. Ainsi ce n'est pas perdre la liberté que de lui imposer des lois ('), de lui donner des bornes deçà et delà pour empêcher qu'elle ne s'égare : c'est l'adresser plus assurément à la voie qu'elle doit tenir : par une telle précaution on ne la gêne pas, mais on la conduit ; on ne la force pas, mais on la dirige. Ceux-là la perdent, ceux-là la détruisent, qui détournent son cours naturel, c'està-dire, sa tendance au souverain bien.

Ainsi la liberté véritable, c'est de dépendre de Dieu. Car qui ne voit que refuser son obéissance à l'autorité de la loi de Dieu (^), ce n'est pas liberté, mais rébellion ; ce n'est pas franchise, mais insolence ? Ouvrons les yeux, chrétiens, et comprenons quelle est notre liberté. La liberté nous est donnée, non pour secouer le joug, mais pour le porter avec honneur, en le portant volontairement : la liberté nous est donnée, non pour avoir la licence de faire le mal, mais afin qu'il nous tourne à gloire de faire le bien ; non {') pour dénier à Dieu nos services, mais afin qu'il puisse nous en savoir gré. Nous sommes sous la puissance de Dieu beaucoup plus, sans comparaison, que la loi ne met les enfants sous la puissance paternelle {'^). S'il nous a, dit Tertullien (''), comme émancipés en nous donnant notre liberté, et la disposition de notre choix, ce n'est pas pour nous rendre indépendants ; mais afin que notre soumission [^) fût volontaire, afin que nous lui rendissions (^) par choix ce que nous lui devons par obligation, et qu'ainsi nos devoirs tinssent lieu d'offrande, et que nos services fussent aussi des mérites. C'est pour cela, chrétiens, que la liberté nous était donnée.

Mais combien abusons-nous de ce don du ciel ! et qu'un grand pape a raison de dire que l'homme « est étrangement

a. Adv. Mardon.^ lib, II, cap. vi.

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