‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 8 sur 573 · Var. qu'entends-je · texte numérisé non relu

Var. qu'entends-je

Quand donc les hommes se plaignent des lois qui leur ont été imposées, quand ils voudraient qu'on les laissât errer sans ordre et sans règle au gré de leurs désirs aveugles, « ils n'entendent pas, dit le saint Psalmiste, quel est l'honneur et la dignité de la nature raisonnable ('), puisqu'ils veulent qu'on les compare et qu'on les mette en égalité {^) avec les animaux privés de raison {^) : » Homo cum in honore esset non intellexit, comparatus est jument i s insipientibus i^). Et c'est ce prodigieux aveuglement que leur reproche le livre de Job, en ces termes (^) : Vir vanus in superbiam erigitur, et tanquam pulhun onagri se liberum natum putat (^) : « L'homme vain et déraisonnable s'emporte par une fierté insensée, et s'imagine être né libre à la manière d'un animal indompté (^).» En effet,quels sont vos sentiments,ô pécheurs aveugles, lorsque vous suivez pour toute règle votre humeur, votre passion, votre colère, votre plaisir, votre fantaisie égarée; lorsque vous ne faites que secouer le mors et regimber contre toutes les lois, sans vouloir souffrir ni qu'on vous retienne, ni qu'on vous enseigne, ni qu'on vous conduise ? Sans doute (^) vous vous imaginez être nés libres, non à la manière des hommes, mais à celle des animaux les plus indomptés (7) et les plus fougueux (tanquam (^) pullum onagri), qui n'endurent ni aucun joug, ni aucun frein, ni enfin aucun conducteur ? O hommes, ce n'est pas ainsi que vous devez vous considérer. Vous êtes nés libres, je le confesse ; mais certes votre liberté ne doit pas être abandonnée à elle-même:

fl. /'j., XLVIII, 21. — ^./^^, XI, 12.

Page 1