‹ Œuvres oratoires de Bossuet (volume 5)Chapitre 98 sur 573 · Var. nous ordonne · texte numérisé non relu

Var. nous ordonne

est exprimée par l'adoration en vérité, et la seconde est comprise (') par l'adoration en esprit. Je veux dire que l'adoration en vérité exclut les fausses impressions qui ravilissent Dieu dans nos esprits, et que l'adoration en esprit bannit les mauvaises dispositions qui l'éloignent de notre cœur. Si bien que l'adoration en vérité fait que nous voyons Dieu tel qu'il est, et l'adoration en esprit fait que Dieu nous voit tels qu'il nous veut. xA.insi toute l'essence de la religion est enfermée en ces deux paroles ; et je prie mon Sauveur de me pardonner, si, pour aider votre intelligence, j'en commence l'explication par celle qu'il lui a plu de prononcer la dernière {~).

PREMIER POINT

L'adoration religieuse, c'est une reconnaissance en Dieu de la plus haute souveraineté, et en nous de la plus profonde dépendance. Je dis donc encore une fois, et je pose pour fondement, que le principe de bien adorer, c'est de bien connaître. L'oraison, dit saint Thomas (""), et il faut dire le même {^) de l'adoration, dont l'oraison, selon saint Thomas (^), est une partie, est un acte de la raison ; car le propre de l'adoration c'est de mettre la créature dans son ordre, c'est-à-dire, de l'assujettir à Dieu. Or est-il qu'il appartient (5) à la raison d'ordonner les choses : donc la raison est le principe de l'adoration, laquelle par conséquent doit être conduite par la connaissance (^).

a. IP 11% 0,ucest. Lxxxni, art. i.

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