Mss.^ 12822, f. 265 — 284. In-4°, avec marge
2. F. 267. Il est suivi de cette phrase, que nous avons également rencontrée sur l'enveloppe du sermon sur rHotmeur : « Celui qui se glorifie dans ses bonnes œuvres ravage sa propre moisson. » — On y lit ensuite* cet extrait d'Isaïe, avec ces quelques réflexions qui semblent plutôt témoigner des préoccupations de ^orateur chrétien, que se rapporter directement à son discours : « Claina^ 7ie cesses, ...et annuntïa... domui Jacob (non aux Gentils ; mais son alliance). Quel sujet de ce cri .'' Me etetiim de die zn diem quœru7it, et scire vias ?neas volîi?ii. Qtiasi gens quœ justitiajn fecerit, etc. (A., LVIII, i, 2). Un homme vous a outragé, vous dissimulez ses outrages. Mais quand, en vous outrageant, il traite encore avec vous avec la même familiarité que s'il était fidèle : Cla?na, 71e cesses. — Un roi à qui on a manqué de fidélité ; on vient, comme si de rien n'était, à sa cour... A plus forte raison de Dieu. »
4. La couleur de l'encre, beaucoup plus noire, y contribue sensiblement. Mais nous en trouverons bientôt de semblable dans ce Carême de 1666 sur la Haine de la Vérité, dans les parties refaites du sermon sur la Justice, ei dans celui du Vendredi- Sain t.
succinct de P Exposition delà Doctrine Catholiqtie sur les matières de controverse, écrit dès 1668, et dont une notable partie porte précisément sur le culte d'adoration que nous devons à Dieu seul ; soit à l'occasion d'un nouveau discours ayant avec quelques passa^^es de celui-ci une certaine analogie, tel que le sermon sn/ la Dévotion envers la sainte Vierge, dans l'Avent royal de Saint-Germain (1669). Dans le doute sur l'origine primitive de ces notes ou additions, nous les laisserons dans le corps du discours, en ayant soin du reste de les signaler en détail.
Lâchât donne une première péroraison, qui n'a jamais eu ce caractère. C'est une ébauche, que Deforis avait interpolée, avec un peu plus de vraisemblance, dans les dernières pages du premier point. Elle contient, en réalité, des notes préliminaires pour le second. Elles ne sont pas entrées dans la rédaction définitive. L'idée qui y domine se retrouvera trois semaines plus tard dans la fin du sermon sur la Justice (2^ rédaction du 3^ point).
Veri adoratores adorabtcnt Patrejn in spiritti et veritate.
Les vTais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité.
{Jocin., IV, 23.)
TOUTE (') la nature veut honorer Dieu, et adorer son principe autant qu'elle en est capable. La créature privée de raison et de sentiment n'a point de cœur pour l'aimer, ni d'intelligence pour le comprendre : « ainsi, ne pouvant connaître, tout ce qu'elle peut, dit saint Augustin, c'est de se présenter elle-même à nous pour être du moins connue, et pour nous faire connaître son divin auteur : » Quœ cumcognoscere non possit, qiias innotescere velle videtur {^). C'est pour cela qu'elle étale à nos yeux avec tant de magnificence
a. De Civil. Dei, lib. XI, cap. xxvn.
I. Bossuet retranche ici deux phrases, et y substitue ctiit note marginale: « Le commencement pour V Ave Maria : Ignorance des choses divines. Sermon de la Chajiane'e^ p. 8. — La cour à Dieu. » — Ce sermon perdu était probablement celui du vendredi de la première semaine dans le Carême du Louvre. — Voici les deux phrases retranchées, que les éditeurs maintiennent en tête du discours : « La plus noble qualité de l'homme, c'est d'être l'humble sujet et le religieux adorateur de la nature divine. Nous sommes pressés de toutes parts de rendre nos hommages à ce premier Être qui nous a produits par sa puissance, et nous rappelle à lui-même par l'ordre de sa sagesse et de sa bonté. » — Peut-être devaient-elles trouver place dans VAve,
son ordre, ses diverses opérations et ses infinis ornements ('). Elle ne peut voir, elle se montre ; elle ne peut adorer, elle nous y porte ; et ce Dieu qu'elle n'entend pas, elle ne nous permet pas de l'ignorer. C'est ainsi qu'imparfaitement et à sa manière elle glorifie le Père céleste. Mais l'homme, animal divin, plein de raison et d'intelligence, et capable de connaître Dieu par lui-même et par toutes les créatures, est aussi pressé par lui-même et par toutes les créatures, à lui rendre ses adorations. C'est pourquoi il est mis au milieu du monde, mystérieux (^) abrégé du monde, afin que contemplant l'univers entier et le ramassant en soi-même, il rapporte uniquement à Dieu et soi-même et toutes choses ; si bien qu'il n'est le contemplateur (^) de la nature visible, qu'afin d'être l'adorateur de la nature invisible qui a tout tiré du néant par sa souveraine puissance.
Mais, mes frères, ce n'est pas assez que nous connaissions combien nous devons de culte à cette nature suprême, si nous ne sommes instruits de quelle manière il lui plaît d'être adorée. C'est pourquoi « le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est venu pour nous l'apprendre ('') ; » et nous en serons parfaitement informés, si nous entendons ce que c'est que cette sublime adoration en esprit et en vérité que Jésus-Chrlst nous prescrit {^).
Pour rendre à Dieu un culte agréable, il faut observer, messieurs, deux conditions nécessaires : la première, que nous connaissions ce qu'il est ; la seconde, que nous disposions nos cœurs envers lui d'une façon qui lui plaise. Il me semble que le Sauveur nous a enseigné ces deux conditions dans ces deux paroles de mon texte : « En esprit et en vérité. » Le principe de notre culte, c'est que nous ayons de Dieu des sentiments véritables, et que nous le croyions ce qu'il est. La suite de cette croyance, c'est que nous épurions devant lui nos intentions, et que nous nous disposions comme il le demande. La première de ces deux choses nous
a. Joan.^ i, 18.
1. Var. ses opérations et ses différents ornements, — ses ornements divers.