Var. : Considérons que nos vé
meure. Ah ! ce sépulcre, c'est une mère : mon Maître y est entré mort, il l'a enfanté à une vie toute divine ; il faut qu'après y avoir trouvé la mort du péché, j'y cherche la vie [p. 23] de la grâce : c'est notre seconde partie.
[Deuxième et Troisième Points.]
Saint Augustin distingue deux sortes de vie en l'âme : l'une, qu'elle communique au corps ; et l'autre, dont elle vit elle-même : Âliud est ciiim in anima unde corpus vivificat, aliud unde ipsa vivifieatur1. Comme elle est la vie du corps, ce saint évêque prétend que Dieu est sa vie: Vita corporis anima est, vita animse Deus est2. Expliquons, s'il vous plaît, sa pensée, et suivons son raisonnement. Afin que l'âme donne la vie au corps, elle doit avoir par nécessité trois conditions : il faut qu'elle soit plus noble, car il est plus noble de donner que de recevoir ; il faut qu'elle soit unie, car il est manifeste que notre vie ne peut être hors de nous ; il faut qu'elle lui communique des opérations que le corps ne puisse exercer sans elle, car il est certain que la vie consiste principalement dans l'action. Que si nous trouvons que Dieu a excellemment ces trois qualités à l'égard de l'âme, sans doute il sera sa vie à aussi bon titre qu'ellemême est la vie du corps. Voyons en peu de mots ce qui en est.
Et premièrement, que Dieu ne soit, sans comparaison, au-dessus de l'âme, cela ne doit pas seulement entrer en contestation. Dieu ne serait pas notre souverain bien, s'il n'était plus noble que nous, et si nous n'étions beaucoup mieux en lui qu'en nous- [p. 24] mêmes. Pour l'union, il n'y a non plus de sujet d'en douter à des chrétiens, après que le Sauveur a dit tant de fois que le Saint-Esprit habiterait dans nos âmes3, et l'Apôtre, que la charité a été répandue en nos cœurs par le Saint- Esprit qui nous a été donné41. Et, en vérité, Dieu étant tout notre bonheur, il faut par nécessité qu'il se puisse unir à nos âmes, parce qu'il n'est pas concevable que notre bonheur et notre félicité ne soit point en nous.