Act., x, 38. 3. Plin. Secvmd., Paneg., xiv
2. Bossuet écrit : valureux, comme Cum orbem terrarum non pedibus ailleurs: hureux, bienkureux. malhu- maffis quam laudibus perapra*" ■reux.
faisait, c'était de les plaindre en son âme avec une affection véritablement paternelle ; son cœur écoutait la voix de la misère qui l'attendrissait, et en même temps il sollicitait son bras à les soulager.
Que ne ressentons [-nous] du moins, ô Fidèles, quelque peu de cette tendresse ! Nous n'avons pas en nos mains ce grand et prodigieux pouvoir pour subvenir aux nécessités de nos pauvres frères ; mais Dieu et la nature ont inséré dans nos âmes je ne sais quel sentiment qui ne nous permet pas de voir souffrir nos semblables, sans y prendre part, à moins que de n'être plus hommes. Mes Frères, faisons * donc voir aux pauvres que nous sommes touchés de leurs maux2, si nous n'avons dépouillé toute sorte d'humanité. Ceux qui ne leur donnent qu'à regret, que [p. 13] pour se délivrer de leurs importunités, ont-ils jamais pris la peine de considérer3 que c'est le Fils de Dieu qui les leur adresse ; que ce serait bien souvent leur faire une double aumône, que de leur épargner la honte de nous demander ; que toujours la première aumône doit venir du cœur? je veux dire, Fidèles, une aumône de tendre compassion. C'est un présent qui ne s'épuise jamais ; il y en a dans nos âmes un trésor immense et une source infinie ; et cependant c'est le seul dont le Fils de Dieu fait état. Quand vous distribuez de l'argent ou du pain, c'est faire l'aumône au pauvre ; mais quand vous accueillez le pauvre avec ce sentiment de tendresse, savez-vous ce que vous faites? vous faites l'aumône à Dieu: J'aime, dit-il, mieux la miséricorde que le sacrifice41. C'est alors que votre charité donne des ailes à cette matière pesante et terrestre, et par les mains des pauvres, dans lesquelles vous la consignez, la fait monter devant Dieu comme une offrande agréable. C'est alors que vous devenez véritablement semblables au Sauveur Jésus, qui n'a pris une chair humaine qu'afin de compatir à nos infirmités avec une affection plus sensible.
Oui, certes, il est vrai, Chrétiens : ce qui a fait ré-
ï . Yar. : au nom de Dieu, faisons traction.
voir aux pauvres que leurs misères 3. Var. : songent-ils bieu.
nous touchent. 4. Matth., ix, 13.