‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 135 sur 441 · Addition, dont la vraie place a 5. Is., Lin · texte numérisé non relu

Addition, dont la vraie place a 5. Is., Lin

mata la chair est infirme 1 : cela me rend très certain que vous aurez pitié de mes maux. [P. 21] Fortifiez mon âme, ô Seigneur, d'une sainte et salutaire confiance, par laquelle me défiant des plaisirs, me défiant des honneurs de la terre, me défiant de moi-même, je n'appuie mon cœur que sur votre miséricorde, et, établi sur ce roc immobile, je voie briser à mes pieds les troubles et les tempêtes qui agitent la vie humaine.

Mais, ô Dieu, éloignez de moi une autre sorte de confiance, qui règne parmi les libertins ; confiance aveugle et téméraire, qui, ajoutant l'audace au crime et l'insolence à l'ingratitude, les enhardit à se révolter contre vous par l'espérance de l'impunité. Loin de nous, loin de nous, ô Fidèles ! une si détestable manie 2 : car, de même que la pénitence, en même temps qu'elle amollit la dureté de nos cœurs, attendrit aussi et amollit par ses larmes îe cœur irrité de Jésus, ainsi notre endurcissement nous rendrait à la fin le cœur du même Jésus endurci et inexorable. Arrêtons-nous ici, Chrétiens ; et sur cette considération, entrons, avec l'aide de Dieu, dans notre seconde partie.

[Second Point.]

Ceux qui sont tant soit peu versés dans les Écritures savent bien qu'une des plus belles promesses que Dieu ait faite3 à son Fils, est celle de lui donner l'empire de tout l'univers, et de faire par ce moyen que tous les hommes seraient4 ses [p. 22] sujets. Or, encore que nous fassions semblant d'être chrétiens, et qu'à nous entendre parler, on pût croire que nous tenons ce titre à honneur, si est-ce néanmoins que nous n'épargnons rien pour empêcher que cet oracle divin ne soit véritable. Et certainement il s'en faut beaucoup que le Sauveur ne règne sur nous : puisque d'observer sa loi, c'est la moindre de nos pensées. Et toutefois, comme il serait

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