Joan.. xix, 27. ô. Voy. le développement de
3. Le* 'diteurs disaient ici, daus cette idée dans le sermon de la Déla Dévotion à la Vierge : « pour en votion à la Vierge, p. 93.
Mais il y ' a plus. Nous ne sommes pas seulement les images vivantes du Fils de Dieu, nous sommes encore ses membres, et nous composons avec lui un corps dont il est le chef : ce qui attire si puissamment sur nous les affections de la sainte Vierge, qu'il n'y a point de mère qui puisse aller à l'égal, ce qu'il me serait aisé de vous faire voir par des raisonnements invincibles, si je n'étais pressé de finir bientôt ce discours. Et pour vous en convaincre, je ne veux seulement cpie vous proposer en abrégé les principes, après avoir repassé légèrement sur quelques vérités que j'ai tâché d'établir2..., dont il est nécessaire que vous ayez mémoire, pour l'intelligence de ce qui me reste à vous dire.
Je vous ai dit, Chrétiens, que la maternité de la Vierge n'ayant point d'exemple sur la terre, il en est de même de l'affection qu'elle a pour son Fils; et comme elle a cet honneur d'être la mère d'un Fils qui n'a point d'autre Père que Dieu, de là vient que, laissant bien loin au-dessous de nous toute la nature, nous lui avons été chercher la règle de son amour dans le sein du Père éternel. Car, de même que Dieu le Père, voyant que la nature humaine touche de si près à son Fils unique, étend son amour paternel à l'humanité du Sauveur, et fait de cet Homme-Dieu l'unique objet de ses complaisances, comme nous l'avons prouvé par le témoignage des Écritures, ainsi avons-nous dit que la bienheureuse Marie ne séparait plus la divinité d'avec l'humanité de son Fils, mais qu'elle les embrassait en quelque façon toutes deux par un même amour. Ce sont les vérités sur lesquelles nous avons établi l'union de Marie avec Dieu : en voici quelques autres qui vous feront bien voir sa charité envers nous.
Les mêmes Écritures qui m'apprennent que Dieu aime en quelque façon par un même amour la divinité et l'humanité de son Fils, a cause de leur société inséparable en la personne adorable de Notre-Seigneur Jésus-Christ, m'enseignent aussi qu'il nous aime par le même amour qu'il a pour son Fils unique et bien-aimé, à cause que nous lui sommes unis comme les membres de son corps, et c'est de toutes les maximes du christia nisme celle qui doit porter le plus haut nos courages et nos es périmées. En voulez-vous un beau témoignage de la bouche même de Notre-Seigneur? Écoutez ces belles paroles qu'il adresse à son Père, le priant pour nous : Dilectio qua dilexisti me in ipsis sit, et ego in eis3. Mon Père, dit-il, je suis en eux, parce qu'ils sont mes membres. Je vous prie qîie l'affection par laquelle vous m'aimez soit en eux. Voyez, voyez. Chrétiens, et réjouissez-vous. Notre Sauveur craint que l'amour de son Père ne fasse quelque différence entre le chef et les membres, et connaissez par là combien nous sommes unis avec le Sauveur, puisque Dieu même,
1. Ici ce amenée une seconde ré- en 1652, car, dans notre sermon, ces daction dans le sermon sur la Dévo- mêmes vérités sont distribuées les tion à la Vierge (fr. 12823,1 151). unes dans le 1er point, les autres