‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 159 sur 441 · carru t Tir., n · texte numérisé non relu

carru t Tir., n

par les très saints mystères du Sauveur Jésus, Déjà la toute-puissance divine avait commencé à lui faire sentir sa faiblesse dès l'origine de l'univers, en lui proposant des énigmes indissolubles 1 dans tous les ordres des créatures, et lui présentant le monde comme un sujet éternel de questions inutiles, qui ne seront jamais terminées par aucunes décisions. Et certes il était vraisemblable que ces grands et impénétrables secrets, qui bornent, et resserrent si fort les connaissances de l'esprit humain, donneraient en même temps ries limites à son orgueil. Toutefois, à notre malheur, il n'en est pas arrivé de la sorte, et en voici la cause qui me semble la plus apparente : c'est que !a raison humaine, toujours téméraire et présomptueuse, ayant entrevu quelque petit jour dans les ouvrages de la nature, s'est imaginée découvrir, quelque grande et merveilleuse lumière : au lieu d'adorer son Créateur, elle s'est admirée elle-même. L'orgueil, comme vous savez, chrétiens, a cela de propre, qu'il prend son accroissement de lui-même, si petits que jmissent être ses commencements, parce qu'il enchérit toujours sur ses premières complaisances par ses flatteu- -< s réflexions.

Ainsi l'homme, s'étant trop plu dans ces belles conceptions, s'est persuadé que tout l'ordre du monde devait aller selon ses maximes. Il s'est enfin lassé de suivre la conduite que Dieu lui avait prescrite, afin de le ramener à lui comme à son principe. Au contraire, il a voulu que la Divinité se réglât selon ses idées ; il s'est fait des dieux à sa mode, il a adoré ses ouvrages et ses fantaisies : et, c< s'étant évanoui, comme dit l'Apôtre2, dans l'incertitude de ses pensées, lorsqu'il a cru se voir élevé au comble de la sagesse, il s'est précipité dans une extrême folie : Dicentcs enim se esse sapientes, stulti facti sunt 3. »

C'est pourquoi cette sagesse éternelle qui prend plaisir de guérir ou «le confondre la sagesse humaine, s'est sentie obligée de former de nouveaux desseins et de

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