‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 160 sur 441 · I. Xon> dirions aujourd'hui itiso- Dieu · texte numérisé non relu

I. Xon> dirions aujourd'hui itiso- Dieu

nibitg. Mais Deforis doit avoir bien '2. Rom., 1. 21.

p ici ; car le même mot ><j rftron- X ltom., I, 22. Tera darr.s le sermon fitrla I.iA dr

commencer un nouvel ordre de choses par Notre-Seigneur Jésus-Christ : et admirez, s'il vous plaît, la profondeur de ses jugements. Dans le premier ouvrage que Dieu nous avait proposé, qui est cette belle fabrique du monde, notre esprit y voyait d'abord des traits de sagesse infinie. Dans le second ouvrage, qui comprend la doctrine et la vie de notre Maître crucifié, il n'y découvre au premier aspect que folie et extravagance. Dans le premier, nous vous disions tout à l'heure que la raison humaine y avait compris quelque chose ; et, en étant devenue insolente, elle n'a pas voulu reconnaître celui qui lui donnait 1 ses lumières. Dans le second dessein, qui est d'une tout autre excellence, toutes ses connaissances se perdent, elle ne sait du tout où se prendre ; et par là il faudra nécessairement, ou bien qu'elle se soumette à une raison plus haute, ou bien qu'elle soit confondue : et, de façon ou d'autre, la victoire demeurera à la sagesse divine2.

Et c'est ce que nous apprenons par ce docte raisonnement de l'Apôtre. Notre Dieu, dit ce grand personnage, avait introduit l'homme dans ce bel édifice du monde, afin qu'en admirant l'artifice, il en adorât l'architecte. Cependant l'homme ne s'est pas servi de la sagesse que Dieu lui donnait, pour reconnaître son Créateur par les ouvrages de sa sagesse, ainsi que l'Apôtre nous le déclare: Quia in Dci snpienlia non cognovit mandas pcr sapientiam Dcani3 : hé bien! qu'en arrivera-il, saint Apôtre ? Pour cela, continue-il, Dieu a posé cette loi éternelle, que dorénavant les croyants ne pussent être sauvés que par la folie de la prédication Plaçait Dco pcr stultitiam pr&dicationis salvos faccrc ciredentes*. A quoi te résoudras-tu donc, ô aveugle rai-

1. Var. : d'où lui venaient. sagesse du Créateur reluisait dans

2. Assurément ces considérations la grandeur, dans la richesse et dans préliminaires sont un peu longues, la disposition d'un si bel ouvrajre Mais n'est-ce pas une chose aduii- L'homme cependant l'a méconnu.. J rable que de rencontrer des mainte- Un ouvrage dont il entendait la sa nant l'ébauche de ces fortes pensées gesse ne l'a point touché} un aUre que l'auteur, vingt-cinq ans plus ouwaffe lui est présenté, où son raitard, exprimera d'une façon si ma- sonnement se perd, et où tout lui g'istrale&An^leDiscours suri' Histoire paraît folie : c'est la croix de Jésus- Universelle ? « Dieu avait introduit Christ. v> (IIe partie, ch. XXV.)

l'homme dans le monde, où, de quel- o. I Cor., I, 21

■que côté qu'il tournât les yeux, la 4. Ihid.

son humaine? Te voilà vivement pressée par cette sagesse profonde, qui paraît à tes yeux sous une folie apparente. Je te vois, ce me semble, réduite à de merveilleuses extrémités, parce que de côté ou d'autre la folie t'est inévitable : car, dans la croix de Notre-Seigneur et dans toute la conduite de l'Évangile, les pensées de Dieu et les tiennes sont opposées entre elles avec une telle contrariété, que, si les unes sont sages, il faut par nécessité que les autres soient extravagantes.

Que ferons-nous ici, Chrétiens? Si nous cédons à l'Évangile, toutes les maximes de prudence humaine nous déclarent fous et de la plus haute folie. Si nous osons accuser de folie la sagesse incompréhensible de Dieu, il faudra que nous soyons nous-mêmes des furieux et des démons. Ahi plutôt démentons toutes nos maximes, désavouons toutes nos conséquences, plions sous le joug de la foi ; et, dépouillant cette fausse sagesse dont nous sommes vainement enflés, devenons heureusement insensés pour l'amour de notre Sauveur, qui, étant la sagesse du Père, n'a pas dédaigné de passer pour fou en ce monde, afin de nous enseigner une prudence céleste : en un mot, s'il y a quelqu'un parmi nous qui prétende à la véritable sagesse, « qu'il soit fou afin d'être sage, sfultus fiât ut sit sapiens, » dit le grand apôtre1.

La voilà, la voilà, Chrétiens, cette illustre, cette généreuse, cette sage et triomphante folie du christianisme, qui dompte tout ce qui s'oppose à la science de Dieu, qui rend humble ou qui renverse invinciblement la raison humaine, et toujours en remporte une glorieuse victoire. La voilà, cette belle folie, qui doit être le seul ornement du panégyrique de saint François selon que je vous l'ai promis, et qui fera aujourd'hui son éloge.

Pour cela, vous remarquerez, s'il vous plaît, qu'il y a une convenance nécessaire entre les mœurs des chrétiens et la doctrine du christianisme. Cette folie apparente, qui est dans la parole du Fils de Dieu, doit passer par imitation dans la vie de ses serviteurs. Ils sont un Évangile vivant. L'Évangile qui est écrit dans nos li-

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