‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 171 sur 441 · Ici commence la conclusion, à ment · texte numérisé non relu

Ici commence la conclusion, à ment

laquelle le jeune prédicateur, dans 3. I Tim., vi, 17.

sa préoccupation de l'utilitépratique,

pouillera sans ressource après que nous aurons pris beaucoup de peine à les sauver des autres embûches que leur dressera la fortune. Que si la philosophie a si bien reconnu la vanité des richesses, nous autres chrétiens, combien les devons-nous mépriser ; nous, dis-je, qui établissons ce mépris non sur des raisonnements humains, mais sur des vérités que le Fils du Père éternel a scellées et confirmées par son sang ! S'il est donc vrai que l'héritage céleste, que Dieu nous a préparé par son Fils unique, soit l'unique objet de nos espérances, nous ne devons par conséquent estimer les choses que selon qu'elles nous y conduisent, et nous devons détester au contraire tout ce qui s'oppose à un si grand bonheur. Mais de tous les obstacles que le diable met à notre salut, il n'y en a aucun ni plus grand ni plus redoutable que les richesses. Pourquoi? Je n'en alléguerai aucune raison; je me contenterai d'employer un mot de notre Sauveur, plus puissant que toutes les raisons. Il est rapporté par trois évangélistes, mais particulièrement par saint Marc avec une merveilleuse énergie.

M es enfants bien-aimés, dit notre Maître à ses chers disciples, après les avoir longtemps regardés, afin de leur faire entendre que ce qu'il avait à leur enseigner était d'une importance extraordinaire : Mes enfants bien-aimés, oh! qu'il est difficile que les riches puissent être sauvés. Je vous dis en vérité qu'il est plus aisé de faire passer un câble ou un chameau par l'ouverture d'une aiguille1. Ne vous étonnez pas de cette façon de parler, qui nous paraît extraordinaire. C'était un proverbe parmi les Hébreux, par lequel ils exprimaient ordinairement les choses qu'ils croyaient impossibles ; comme qui dirait parmi nous : Plutôt le ciel tomberait, ou quelque autre semblable expression. Mais ce n'est pas là où il faut s'arrêter : voyez, voyez seulement en quel rang le Sauveur a mis le salut des riches. Vous me direz peut-être que c'est une exagération ; sans doute vous vous flatterez de cette pensée, et moi, je soutiens au contraire qu'il faut entendre cette parole à la lettre. J'espère vous le prouver par la suite de l'É-

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