‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 194 sur 441 · Var. : se rend débiteur de toute 2. Var. : recevoir · texte numérisé non relu

Var. : se rend débiteur de toute 2. Var. : recevoir

la loi. 3. Ps. eu, 1.

tout à fait la bassesse de cette demeure terrestre dans laquelle nous sommes captifs, aussi certes en avons-nous d'autres d'une nature plus relevée, par lesquelles nous touchons de bien près aux intelligences célestes qui sont devant le trône de Dieu, chantant nuit et jour ses louanges. Les bienheureux esprits ont, deux merveilleux mouvements : car ils n'ont pas plus tôt jeté les premiers regards sur eux-mêmes, que, reconnaissant aussitôt que leurs lumières sont découlées d'une autre lumière infinie, ils retournent à leur principe d'une promptitude incroyable, et cherchent leur perfection où ils trouvent leur origine. C'est le premier de leurs mouvements. Puis chaque ange considérant que Dieu lui donne des compagnons, qui, dans une même vie et dans une même immortalité, conspirent au même dessein de louer leur commun Seigneur, il se sent pressé d'un certain désir d'entrer en société avec eux. Tous sont touchés les uns pour les autres d'une puissante inclination ; et c'est cette inclination qui met l'ordre dans leurs hiérarchies, et établit entre leurs légions une sainte et éternelle alliance.

Or, encore qu'il soit vrai que notre âme, éloignée de son air natal, contrainte et presque accablée par la pesanteur de ce corps mortel, ne fasse paraître qu'à demi cette noble et immortelle vigueur dont elle devrait être toujours agitée, si est-ce néanmoins que nous sommes d'une race divine, ainsi que l'apôtre saint Paul l'a prêché avec une merveilleuse énergie en plein conseil de l'Aréopage : Ipsius enim et genus sumus1. 11 a plu à notre grand Dieu, qui nous a formés à sa ressemblance, de laisser tomber sur nos âmes une étincelle de ce feu céleste qui brille dans les esprits angéliques ; et si peu que nous puissions faire de réflexion sur nous-mêmes, nous y remarquerons aisément ces deux belles inclinations que nous admirions tout à l'heure dans la nature des anges.

En effet, ne voyons-nous pas que sitôt que nous sommes parvenus à l'usage de la raison, je ne sais quelle inspiration, dont nous ne connaissons pas l'origine, nous apprend à réclamer Dieu dans toutes les nécessités de

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