Hebr., vu, 2. 2. Gen.. XIV, 18. — ils. : excelsi
nos [p. 4] âmes, versez une goutte de ce sang précieux sur mon cœur, afin de l'embraser de vos flammes; une goutte sur mes lèvres, afin qu'elles soient pures et saintes, ces lèvres qui doivent aujourd'hui prononcer si souvent votre nom adorable: ainsi soit-il, mes Frères ! Je commence à parler de la royauté de mon Maître : disons avec courage, écoutons avec attention. Il s'agit de glorifier Jésus qui est lui-même toute notre gloire : ô Dieu,
soyez avec nous
[Premier Point.]
Je dis donc, avant toutes choses, que, selon les prophéties anciennes, le Messie attendu par les Juifs, reconnu et adoré par les chrétiens, devait venir au monde avec une puissance royale. C'est, pourquoi l'ange, annonçant sa venue à la sainte Vierge, sa mère, parle de lui en ces termes : Dieu lui donnera, dit-il, le trône de David son père, et il régnera éternellement dans la maison de Jacob. Et c'est la même chose qu'avait prédite l'évangéliste de la Loi, je ■veux dire le prophète Isaïe, lorsqu'il dit de Notre-Seigneur, au chapitre ix de sa prophétie, qu'il « s'assiéra * sur le trône de David, afin de l'affermir en justice et en vérité, jusques aux siècles des siècles : Super solium David, sedebit, ut confirmet illud in judicio et justifia, usque in sempiternum 2. » Ce que je suis bien aise de vous faire considérer, afin que vous voyiez en ces deux passages la conformité de l'ancienne et de la nouvelle alliance. Car il serait impossible de vous rapporter en ce lieu tous les textes des Écritures qui promettent la royauté au Sauveur.
Et c'est en quoi les Juifs se sont malheureusement abusés : parce qu'étant possédés en leur âme d'une aveugle admiration de la royauté et des prospérités temporelles, ils donnaient à leur Messie de belles et triomphantes armées, de grands et de superbes palais, une cour plus leste3 et plus polie, une maison plus riche et mieux ordonnée que celle de leur Salomon, et enfin tout ce pompeux appareil dont la majesté royale est environ-