Ma. : B'assira. stit.ia
2. la., IX, 7. Bossuct abrège le 3. Lcsle, élégant. (Cf. Dict. da texte et met veritale au lieu de ju- l'Acad., lre édit.)
née. Ainsi, quand ils virent le Sauveur Jésus, qui, dans une si basse fortune, prenait la qualité de Messie, je ne saurais vous dire combien ils en furent surpris. Cent fois il leur avait dit qu'il était le Christ ; cent fois il l'avait attesté par des miracles irréprochables, et ils ne cessent de l'importuner : Mais, enfin, dite.s-nous donc qui vous êtes ; jusqu'à quand nous laisserez-vous en suspens? Si vous êtes le Christ, dites-le nous franchement, et nous en donnez quelque signe : Quousque animam nostram tollis? si tu es Christus, die nobis palam1. Ils eussent bien voulu qu'il leur eût dit autre chose. Ils lui eussent volontiers accordé tout l'honneur qui était dû aux plus grands prophètes ; mais ils eussent été bien aises de lui persuader ou bien de se faire roi, ou bien de se déporter volontairement de la qualité de Messie. Et nous lisons en saint Jean, qu'après cette miraculeuse multiplication des cinq pains, quelques peuples, [p. 5] étant convaincus qu'un miracle si extraordinaire ne pouvait être fait2 que par le Messie, s'assemblèrent entre eux, et conspirèrent de le faire roi3. Et ils eussent exécuté leur dessein, s'il ne se fût échappé de leur vue. Étrange illusion des hommes, parmi lesquels ordinairement toutes sortes d'opinions sont reçues, excepté la bonne et la véritable ! Les uns disaient que Jésus était un séducteur ; les autres, ne pouvant nier qu'il n'y eût en sa personne quelque chose de surnaturel, se partageaient entre eux en mille sentiments ridicules. Quelques-uns assuraient que c'était Élie ; d'autres aimaient mieux croire que c'était Jean-Baptiste ou bien quelqu'un des prophètes ressuscité4: Alii Eliam, alii Joannem Baptistam aut unum ex prophétie5. Et à quelles extravagances ne se laissaient-ils point emporter, plutôt que d'avouer qu'il fût le Messie! D*où vient cette obstination, Chrétiens? C'est qu'ils avaient l'imagination remplie de cette magnificence royale et de cette majesté composée, de laquelle ils avaient fait leur idole. Et cette fausse créance avait telle vogue parmi les Juifs, que ce vieux et infortuné politique, qui avait toujours son âme