‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 202 sur 441 · Jbid., 28. le 6 janvier 1660. (Autographe à · texte numérisé non relu

Jbid., 28. le 6 janvier 1660. (Autographe à

4. M. Lâchât donne ici une pré- Dijon, pour le fragment; et à la tendue notp m^rcinalc do quin7e Bibl. Nat. n. acq. fr., pour le corp? lignes. Or, dans le ms., dont il parle du discours.)

l'effusion de son sang. Son traître disciple venait de sortir de sa chambre pour aller exécuter le détestable traité qu'il avait fait avec les pontifes. Sitôt qu'il se fut retiré de sa compagnie, mon Maître, qui n'ignorait pas son perfide et exécrable dessein, comme s'il eût été saisi tout à coup d'une ardeur divine, parle de cette sorte aux apôtres : « Maintenant, maintenant, dit-il, le Fils de l'homme va être glorifié : Nunc clarificatus est Filins hominis1. » Hé! mes Frères, que va-t-il faire? Que veut dire [p. 7] ce Maintenant, demande fort à propos en ce lieu l'admirable saint Augustin2? Va-t-il point peut-être s'élever dessus une nue pour foudroyer tous ses ennemis? ou bien est-ce qu'il fera descendre des légions d'anges pour se faire adorer par tous les peuples du monde? Non, non, ne le croyez pas. Il va à la mort, au supplice, au plus cruel de tous les tourments, à la dernière des infamies ; et c'est ce qu'il appelle sa gloire, c'est son règne, c'est son triomphe.

Regardez, je vous prie, mon Sauveur, dans cette triomphante journée en laquelle il fait son entrée dans la ville de Jérusalem, peu de jours3 devant qu'il mourût. Il était monté sur un âne: ha ! Fidèles, n'en rougissons pas. Je sais bien que les grands de la terre se moqueraient d'un si triste et si malheureux équipage; mais Jésus n'est pas venu pour leur plaire ; et quoi que puisse penser la folle arrogance des hommes, cet équipage d'humilité est certes bien digne d'un roi qui est venu au monde pour fouler aux pieds ses grandeurs. Ce n'est pas là toutefois ce que je vous veux faire considérer.

Jetez, jetez les yeux sur ce concours de peuples4 qui accourt au-devant [de] lui, des palmes et des rameaux à deux mains 5, en signe de réjouissance, et qui, pour faire paraître leur zèle à ce nouveau prince, dans une si sainte cérémonie de toutes les conditions et de tous les âges, font retentir l'air de leurs cris de joie : « Bénit soit, disaient-il[s], le Fils de David; vive le roi d'Israël!

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