Act., I, 6. 2. Matth., XX
qui vous imaginez dans ma royauté un faste ' et une pompe mondaine, vous ne savez ce que vous me demandez : la chose n'ira pas de la sorte : « Nescitis quid petatis2 ». « Pourrez-vous bien boire le calice que je boirai? » Ce calice, c'est sa Passion dont il leur a parlé tant de fois sans qu'ils aient voulu le comprendre. Puis, après quelques avis excellents, voici comme il conclut son discours : Sachez, dit-il, que le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais afin de servir lui-même et afin de donner sa vie pour la rédemption de plusieurs3.
Ha ! disciples encore ignorants, et vous, mère malavisée, ce n'est pas là ce que vous prétendiez : vous demandiez de vaines grandeurs, on ne vous parle que de bassesse. Mais mon Sauveur l'a fait de la sorte, afin de nous insinuer doucement, par le souvenir de sa Passion, que notre roi était un roi pauvre; qu'il descendait sur la terre, non pour se revêtir des grandeurs humaines, mais pour nous apprendre par son exemple à les mépriser4 ; et que, comme c'était par sa Passion qu'il devait monter sur son trône, aussi est-ce par les souffrances que nous pouvons aspirer aux honneurs de son royaume céleste. C'est ici, c'est ici, Chrétiens, où, après vous avoir exposé les divers sentiments des hommes touchant la royauté de Jésus, j'aurais à demander à Dieu la langue d'un séraphin, pour vous exprimer dignement les sentiments de Jésus lui-même !
Certes, je ne puis voir sans étonnement, dans les Écritures divines, que le débonnaire Jésus qui, durant tout. le cours de sa vie mortelle, faisait, pour ainsi dire, parade de sa bassesse, quand il sent approcher son heure dernière, ne parle plus que de gloire, n'entretienne plus ses disciples que de ses grandeurs. II était à la veille de son infâme supplice. Déjà il avait célébré cette Pâque mystérieuse qui devait être le lendemain achevée par