Tract, cxvn in Joan.. n. 5. 2. Joan., XI
de Dieu à la croix ; et, voulant écrire selon la coutume la cause de son supplice, il dresse un monument à sa royauté. Tant il est vrai que Dieu a des ressorts infaillibles [p. 14] pour tourner où il lui plaît les cœurs de ses ennemis, et les faire concourir, malgré qu'ils en aient, à l'exécution de ses volontés ! Parce que le règne du Sauveur devait commencer à la croix, il plaisait à notre grand Dieu que sa royauté y fût attestée par une écriture publique, et de l'autorité du gouverneur de la province, qui servira, sans y penser, à la providence divine.
Écrivez donc, ô Pilate, les paroles que Dieu vous dicte, et dont vous n'entendez pas le mystère. Quoi que l'on vous puisse alléguer, gardez-vous de changer ce qui est déjà écrit dans le ciel. Que vos ordres soient irrévocables, parce qu'ils sont faits en exécution d'un arrêt immuable du Tout-Puissant. Que la royauté de Jésus soit écrite en langue hébraïque l, qui est la langue du peuple de Dieu ; et en la langue grecque, qui est la langue des doctes et des philosophes ; et en la langue romaine, qui est celle de l'empire et du monde. Et vous, ô Grecs, inventeurs des arts ; vous, ô Juifs, héritiers des promesses ; vous, Romains, maîtres de la terre, venez lire cet admirable écriteau : fléchissez le genouil devant votre roi. Bientôt, bientôt vous verrez cet homme, abandonné de ses propres disciples, ramasser tous les peuples sous l'invocation de son nom. Bientôt arrivera ce qu'il a prédit autrefois en saint Jean ch. in 2, qu'étant élevé hors de terre, il attirera tout à soi, et changera l'instrument du plus infâme supplice en une machine céleste pour enlever tous les cœurs : Et ego, [cum exaltatus fuero a terra, omnia truham ad meipsum] 3. Bientôt les nations incrédules, esquelles il étend ses bras, viendront recevoir parmi ses embrassements paternels cet aimable baiser de paix qui, selon les prophéties anciennes, les doit réconcilier au vrai Dieu qu'elles ne connaissaient pas. Bientôt ce crucifié sera