Ms. : Unum scio, etc. — I Cor., 2. Is., ix
II, 2. 3. Adv. Jud., n. 10.
d'ordonnance : c'est elle qui rangera tous les peuples sous l'obéissance de Notre-Seigneur.
Et n'avez-vous jamais pris la peine de considérer ce beau titre que les ennemis de mon Maître attachèrent au-dessus de sa croix, Jésus de Nazareth, Roi des Juifs, écrit en gros caractères, et en trois sortes de langues, afin que la chose fût plus connue? Il est vrai que les Juifs s'y opposent ; mais Pilate l'écrit malgré eux. Qu'est-ce à dire ceci, Chrétiens? Ce juge corrompu avait envie de sauver mon Maître, et il ne l'a condamné que pour plaire aux Juifs : les mêmes Juifs le pressent de changer ce titre ; il le refuse, il tient ferme, il n'a plus de complaisance pour eux. Quoi ! cet homme si complaisant, qui livre un innocent à la mort de crainte de choquer les Juifs, commence à devenir résolu pour soutenir trois ou quatre mots qu'il avait écrits sans dessein, et qui paraissaient de si peu d'importance ! Remarquez tout ceci, s'il vous plaît : il est lâche et ferme, il est mol et résolu dans la même affaire, à l'égard des mêmes personnes. Grand Dieu ! je reconnais vos secrets : il fallait que Jésus mourût en la croix, il fallait que sa royauté fût écrite au haut de la croix. Pilate exécute le premier par sa complaisance, et l'autre par sa fermeté. O vertu ineffable de V opération divine ! même dans le cœur des ignorants! s'écrie en cet endroit l'admirable saint Augustin1. Ils ne savent tous ce qu'ils disent, et ils disent tous ce que veut mon Sauveur. Une secrète vertu s'empare invinciblement de leur âme, et, malgré leurs méchantes intentions, exécute de très sages et très salutaires conseils.
Caïphe, en plein conseil de pharisiens, parlant de Notre-Seigneur, dit qu'il est expédient qu'il meure, afin que toute la nation ne périsse pas. Afin que toute la nation ne périsse pas ? Sa mort empêchera donc toute la nation de périr, il est donc le Sauveur de toute la nation, remarque très à propos l'évangéliste saint Jean2. Merveilleux jugement de Dieu! Il pensait prononcer l'arrêt de sa mort, et il faisait une prophétie de sa gloire. Le même arriva à Pilate : il condamne le Fils