‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 218 sur 441 · Ms. : donnez-lui (Distraction · texte numérisé non relu

Ms. : donnez-lui (Distraction

^es jugements et par la rigueur de ses ordonnances. Et que diront les méchants quand ils sentiront, malgré qu'ils en aient, leur roi en eux-mêmes appesantir sur eux son bras tout-puissant ; lorsque Dieu, frappant d'une main, soutenant de l'autre, les brisera éternellement de ses coups sans les consumer? Et ainsi, toujours vivants et toujours mourants, immortels pour leur peine, trop forts pour mourir, trop faibles pour supporter, ils gémiront à jamais sur des lits de flammes, outrés de furieuses et irrémédiables douleurs ; et poussant parmi des blasphèmes exécrables mille plaintes [p. 22] désespérées, ils confesseront, par une pénitence tardive, qu'il n'y avait rien de si raisonnable que de laisser régner Jésus sur leurs âmes : dignes certes des plus horribles supplices, pour avoir préféré la tyrannie de l'usurpateur à la douce et légitime domination du prince naturel1. O Dieu et Père de miséricorde! détournez ces malheurs de dessus nos têtes.

Mes Frères, ne voulez-vous pas bien que je renouvelle aujourd'hui le serment de fidélité que nous devons tous à notre grand roi ? O roi Jésus ! à qui nous appartenons à si juste titre, qui nous avez rachetés par un prix d'amour et de charité infinie, je vous reconnais pour mon souverain. C'est à vous seul que je me dévoue. Votre amour sera ma vie, votre loi sera la loi de mon cœur. Je chanterai vos louanges ; jamais je ne cesserai de publier vos miséricordes. Je veux vous être fidèle, je veux être à vous sans réserve, je veux vous consacrer tous mes soins, je veux vivre et mourir à votre service. Amen.

1. Passage éloquent, depuis : «Et gné à l'époque des sommaires ^1GG2). que diront les méchants... ? »sonîi-

prêché à Metz, chez les Sœurs de la Propagation de la Foi, le IIe dimanche après l'Epiphanie, 1653.

D'après les Mémoires de Ledieu (p. 58), Bossuet aurait d'abord improvisé une allocution sur ce sujet devant Schomberg et Marie de Hautefort, ce un dimanche dans l'octave des Rois I. » Quoi qu'il en soit, nous avons ici une ébauche -, qu'il rédigea pour le dimanche suivant, jour auquel se lit l'évangile des Noces de Cana.

Nuptise factœ sunt in Cana Galilese, et erat mater Jesu ibi. Vocatus est autem et Jésus et discipuli ejus. (Joan., h.)

Jésus et sa sainte mère avec ses disciples, chères Sœurs, quelle compagnie ! Ils sont invités à un festin : ô festin pieux ! et à un festin nuptial : ô noces mystérieuses ! Mais, à ce festin, le vin y manque ; le vin, que les délicats appellent l'âme des banquets. Est-ce avarice? est-ce pauvreté? est-ce négligence? ou bien n'estce pas plutôt quelque grand mystère que l'Esprit nous propose pour exercer nos intelligences ? Certes il est ainsi, mes très chères Sœurs. Car je vois que le Sauveur Jésus, pour suppléer à ce défaut, change l'eau en vin excellent ; et ce vin se sert à la fin du repas, au grand étonnement de la compagnie. O vin admirable et plein de mystères, fourni, par la charité de Jésus, aux prières de la sainte Vierge ! Je vous demande, mes Sœurs, quel

1. C'était pendant le dîner, que de Bossuet. ne peut se placer, d'après

l'invitation lui avait été adressée. l'orthographe, en deçà de 1653. Bos-

On en a conclu qu'il avait prêché à suet revint sur ce sujet l'année sui-

table. (Hoquet, Études..., t. I.p.345. vante, et rédigea pour cette circon-

— Édition Guérin, 1870. — Édition stance une feuille nouvelle, que

Guillaume. 1877.) Cela n'est guère nous donnerons au commencement

vraisemblable : il faut sans doute de 1654.

entendre qu'il prêcha à l'office du 2. Ms. fr. 12821, f. 356-365 ; non

soir, qui suivit le repa,s. Notre ser- paginé. Jugé trop peu important

mon, que nous regardons, avec M. pour être résumé. Gandar, comme un des plus anciens

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