SUR LES CARACTÈRES DES DEUX ALLIANCES
intérêt prend le Maître de sobriété à ce que cette compagnie ne soit pas sans vin. Était-ce chose qui méritât que sa toute-puissance y fût employée? Etait-ce en une pareille rencontre où il devait commencer à manifester sa gloire ; et un ouvrage de cette nature devait-il être son premier miracle ? Croyez-vous que ceci soit sans mystère? A Dieu ne plaise, âmes chrétiennes, que nous ayons une telle opinion de notre Sauveur ! Il est la Sagesse et la Parole du Père : tous ses discours et toutes ses actions sont esprit et vie ; tout y est lumière, tout y est intelligence, tout y est raison1. O Sagesse éternelle, éclairez par votre Esprit-Saint notre faible et impuissante raison, pour nous faire entendre la vôtre !
Dans cette histoire miraculeuse, tout me représente le Sauveur Jésus. Il y est lui-même en personne : mais, si j'ose parler de la sorte, il y est encore plus en mystère. Il est invité selon la vérité de l'histoire ; et, si nous le savons entendre, il est lui-même l'Époux selon la vérité du mystère. C'est une chose connue que Jésus est l'époux des âmes fidèles. Et néanmoins, si vous me le permettez, je vous déduirai sur ce point quelques vérités chrétiennes merveilleusement pieuses.
Dieu remplit le ciel et la terre, et il se trouve en tous lieux, comme l'enseigne la théologie ; mais il sait encore se communiquer d'une façon toute particulière aux créatures intelligentes: Ad eum veniemus, [et mansionem apud eum faciemus] 2. Certes il est incompréhensible, mes Sœurs, comment la nature divine s'unit aux esprits purs par de chastes embrassements ; et bien que ce soit un secret ineffable, si est-ce toutefois que les Écritures divines nous le représentent en diverses manières et par de différentes figures. Tantôt elles nous disent que Dieu est une fontaine de vie, qui, se répandant en nos âmes, les lave et les nettoie, leur communique une divine fraîcheur, et étanche leur soif ardente par les ondes de ses vérités: Fons aquse salientis3... Quemadmodum desi-