‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 220 sur 441 · Cf. Discours sur l'Histoire uni- (IIe Partie, ch. xix · texte numérisé non relu

Cf. Discours sur l'Histoire uni- (IIe Partie, ch. xix

versclle: « Tout est lumière en Jésus- 2- Joan., XIV, 23. — ils. : Adipsum

Christ : sa conduite est une règle ; veniemus, etc.

ses miracles sont des instructions ; 3. Ibid., iv, 14. ses parole3 sont esprit et v:e. ))

derat cervus [ad fontes aquarum] l. Tantôt elles nous le décrivent tout ainsi qu'une douce rosée, qui, arrosant nos esprits comme par une féconde humidité, y fait germer les semences célestes: Rorate, cœli, desuper2. Quelquefois elles nous le représentent à la manière d'un feu consumant, qui, pénétrant toutes nos puissances, dévore toutes les affections étrangères et épure nos âmes comme l'or dans une fournaise : Ignis consamens est3. Elles nous disent ailleurs que Dieu est une nourriture admirable : car, de même que toutes les parties de nos corps attirent à elles une certaine subsistance sans laquelle elles défaudraient, et ensuite se l'incorporent par la vertu d'une secrète chaleur que la nature leur a donnée ; ainsi seraient nos âmes destituées de toute vigueur, si, par de fidèles désirs que le Saint- Esprit leur excite, elles n'attiraient à elles-mêmes cette vérité éternelle qui seule est capable de les sustenter. C'est ce qui nous est signifié par ce pain des anges, qui est devenu le pain des hommes, pain céleste ce que nous désirons par un appétit de vie éternelle, que nous prenons par l'ouïe, que nous ruminons par l'entendement, que nous digérons par la foi : In cansam vitœ appetendus, et devorandus audit u, et ruminandas intellectu, et fide digerendus *. » Telles sont à peu près les comparaisons dont se servent les Écritures, pour nous faire en quelque sorte comprendre cette sainte union de la nature divine avec les âmes élues. Mais, de toutes ces comparaisons, la plus douce, la plus aimable et la plus ordinaire dans les saintes Lettres est celle où notre grand Dieu est comparé à un chaste époux qui, par un sentiment de miséricorde, épris de l'amour de nos âmes, après mille amoureuses caresses, après mille recherches de ses saintes inspirations, s'unit enfin à elles par des embrassements ineffables ; et, les ravissant d'une certaine douceur que le monde ne peut entendre, les remplit d'un germe divin qui fructifie en bonnes œuvres pour la vie éternelle.

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