‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 226 sur 441 · Joan.. i · texte numérisé non relu

Joan.. i

C'est pourquoi le Sauveur Jésus, ayant compassion de notre impuissance, vient nous donner un vin d'une céleste vigueur ; c'est sa grâce, c'est son Esprit-Saint, dont les apôtres furent enivrés au jour de la Pentecôte. C'est ce saint et divin Esprit qui porte la Loi au fond de nos cœurs, et l'y grave par des caractères de flammes. Là, il ranime intérieurement et la remplit d'une force vivifiante : il change la lettre en esprit, et c'est la nouvelle alliance que Dieu contracte avec nous par son Évangile. C'est pour cette raison que, parlant par la bouche de Jérémie : Voici, dit-il1, que j'établirai avec la maison de Juda un nouveau testament, non selon le testament que j'ai établi avec leurs pères. Ils ne sont point demeurés dans mon testament, et moi, je les ai rejetés, dit le Seigneur. Mais voici le testament que je disposerai à la maison d'Israël, c'est-à-dire aux vrais enfants d'Israël et au peuple de la nouvelle alliance : J'inspirerai, dit-il, ma loi dans leurs âmes ; et je l'écrirai, non en des tables de pierre, mais je l'écrirai en leurs cœurs; et ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu. Quelle est donc cette vertu merveilleuse, qui entre si profondément dans nos cœurs? d'où vient à cette loi nouvelle cette force si pénétrante? Chères Sœurs, elle vient de l'Esprit de Dieu, qui est le vrai moteur de nos âmes, qui tient nos cœurs en sa main, qui est le maître de nos inclinations. Mais par quelle sorte d'opération la porte-il ainsi au fond de nous-mêmes? C'est par une charité très sincère, par un puissant amour qu'il nous inspire, par une chaste délectation, par une sainte et ravissante douceur.

Dieu exerce deux sortes d'opérations sur nos âmes, qui font la différence des deux lois. Premièrement il les effraye, il les remplit de la terreur de ses jugements ; et, en second lieu, il les attire, il les enflamme d'un saint amour. La première opération, qui est la crainte, ne peut pénétrer au fond de nos âmes : elle les étonne, elle les ébranle ; mais elle ne les change pas. Par exemple, que vous rencontriez des voleurs, si vous êtes le plus fort, ils ne vous abordent qu'avec une apparence

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