‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 232 sur 441 · Ms. fr. 12825. 1. 155. quelques expressions qui se lisent · texte numérisé non relu

Ms. fr. 12825. 1. 155. quelques expressions qui se lisent

2. M?. : Et ut of errent secundum plus loin, an ^. 27 «lu môme chapitre consuetudinem legis pro eo par... de saint Luc. Les éditeurs sont Bossuet écrit si rapidement que sa entrés dans ses. intentions en cormémoire substitue au texte véritable rigeant.

près tout entier. Or, afin de vous dire en quoi consistaient ces cérémonies, il faut remarquer que, selon la Loi, toutes les femmes accouchées étaient réputées immondes : d'où vient que Dieu leur ordonnait deux choses. Premièrement il les obligeait de se tenir quelque temps retirées et du sanctuaire et même de la conversation des hommes ; puis, ce temps étant expiré, elles se venaient présenter à la porte du tabernacle, afin d'être purgées par un certain genre de sacrifice ordonné spécialement pour cela. Cette retraite et ce sacrifice sont les deux premières cérémonies, ou plutôt ce sont deux parties de la même cérémonie ; lesquelles, l'une et l'autre, ne regardaient principalement que la mère, et se faisaient pour tous les enfants nouvellement nés, de quelque sexe et condition qu'ils pussent être, ainsi qu'il est écrit dans le douzième chapitre 1 du Lévitique. Quant à la troisième cérémonie, elle ne s'observait que pour les mâles, et parmi les mâles n'était que pour les aînés, que les parents étaient obligés de venir présenter à Dieu devant ses autels, et ensuite les rachetaient par quelque somme d'argent ; témoignant par là que tous leurs aînés étaient singulièrement du domaine de Dieu, et qu'ils ne les retenaient que par une espèce d'engagement : c'est ce que Dieu commande à son peuple en l'Exode, chapitre XII. Dans ces trois cérémonies consiste, à mon avis, tout le mystère de cette fête ; ce qui m'a fait résoudre de vous les expliquer 2 familièrement dans le même ordre que je les ai rapportées. J'espère que le récit d'une histoire si mémorable, telle qu'est celle qui nous est aujourd'hui représentée dans notre évangile, joint à quelques brièves réflexions que je tâcherai d'y ajouter avec l'assistance divine, fournira un pieux entretien à vos dévotions : et je pense en vérité, mes très chères Sœurs, qu'il serait difficile de proposer à votre foi un plus beau spectacle.

1. Bossuet, trop défiant à l'égard mais à tort. de sa première impression, a effacé 2. Yar. : exposer,

le chiffre 12, pour y substituer 13,

[Premier Point.]

Et, pour commencer, j'avance deux choses très assurées ; la première, que la loi de la purification présupposait que la femme eût conçu à la façon ordinaire, parce qu'elle est couchée en ces termes : Millier si suscepto semine peperit masculum1, où il est [clair] que le législateur a voulu toucher la source de la corruption qui se trouve dans les enfantements ordinaires : autrement ce mot, suscepto semine, serait inutile et ne rendrait aucun sens. La loi donc de la purification parlait de celles qui enfantaient selon les ordres communs de la nature. Je dis en second lieu que, la raison de la loi étant telle que nous la venons de dire après les saints Pères, elle 2 ne regardait en aucune façon la très heureuse Marie, ne s 'étant rien passé en elle dont son intégrité pût rougir. Vous le savez, mes très cher [es] Sœur [s], que son Fils bien-aimé étant descendu dans ses entrailles très chastes tout ainsi qu'une douce rosée, il en était sorti comme une fleur de sa tige, sans laisser de façon ni d'autre aucun vestige de son passage. D'où je conclus que si elle était obligée à la loi de la purification, c'était seulement à cause de la coutume et de l'ordre, qui ne doit point être changé pour une rencontre particulière. Et, en effet, le cas était si fort extraordinaire, qu'il semblait n'être pas suffisant pour apporter une exception à la loi générale.

Or ce n'est pas mon dessein d'examiner ici cette question, mais seulement de vous faire admirer la vertu de la sainte Vierge : en ce que, sachant très bien l'opinion que l'on aurait d'elle, et qu'il n'y aurait personne qui s'imaginât qu'elle eût ni conçu ni enfanté autrement que les autres mères, elle ne s'est point avisée de découvrir à personne le secret mystère de sa grossesse. Au contraire, elle a bien le courage de confirmer un sentiment si préjudiciable à sa virginité, subissant sans se déclarer une loi qui, comme nous avons dit, en présupposait la perte. Et je prétends que ce silence est

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