‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 247 sur 441 · Var. : au milieu de. de la volonté me jettent dans un · texte numérisé non relu

Var. : au milieu de. de la volonté me jettent dans un

2. Antre rédaction non effacée, autre malheur. C'est rne inquiétude mais :naobevée: «Cette icnonnce continuelle qui résulte... )>

«le l'entendement et ce dérèglement

pales qui gouvernent toutes mes actions, étant ainsi blessées, l'une par l'ignorance, et l'autre par le dérèglement, toute mon âme en est agitée et tombe dans un autre malheur, qui est une inquiétude et une inconstance éternelle. J'erre de désir en désir, sans trouver quoi que ce soit qui me satisfasse1. De sorte que je vivrai désormais sans espérance de terminer mes longues inquiétudes, si je ne trouve à la fin un objet solide qui donne quelque consistance à mes mouvements par une véritable tranquillité.

Un guide 2 de mes erreurs, une règle pour mes désordres, un repos assuré pour mes inconstances : ce sont les trois choses qui me sont nécessaires 3. O Dieu ! où les trouverai-je ? Cogitavi vins meas. La prudence humaine est toujours chancelante ; les règles des hommes sont défectueuses ; les biens du monde n'ont rien de ferme ; il faut que je porte mon esprit plus haut. Je vois, je vois dans la loi de Dieu une conduite infaillible, et une règle certaine, et une paix immuable. J'entends le Sauveur Jésus, qui, avec sa charité ordinaire: Je suis, dit-il, la voie, la vérité et la vie4'. Je suis la voie assurée qui vous conduis sans incertitude : je suis la vérité infaillible, invariable, sans aucun défaut, qui vous règle : je suis la [vraie] vie de vos âmes, qui les fais vivre dans la douceur d'une [parfaite] tranquillité5. Pourquoi délibérer davantage? Loin de moi, [longues inquié]tudes6 ; loin de moi, fâcheuses irré-

1. Édit. : « Je prend? tous les en a barré le commencement, et il

jours de nouveaux desseins, espé- en reprend une bonne partie vers la

rant que les derniers réussiront fin de son discours. M. Gazier. au

mieux ; et partout mon espérance contraire, a cru devoir la rétablir

est trompée (rai: : frustrée), parce dans son édition,

que je ne trouve rien qui me satis- 2. Var. : une lumière pour. ..Edit:

fasse. De là, l'inégalité de ma vie, un guide pour...

qui n'ayant point" de conduite ar- 3. Correction proposée par M. P.

rêtée (var. : ferme), est un mélange Couvreur (Revue d'Histoire litté-

d'aventures diverses et de diverses raire, t. II [18!>5], p. 417).

prétentions, qui tontes ont trompé 4. Joan., Xiv, 6.

mes désirs. Je les ai manquées, ou ô. * Correction de 165P : M qui leur

elles m'ont manqué ; je les ai man- donne un repos sans trouble, n

qiées, lorsque je ne suis pas par- f>. Il faut suppléer quelques mots,

v nu au but que je m'étais proposé ; à cause d'une déchirure au ms. Les

elles m'ont manqué, lorsqu'ayant éditeurs disent : « doutes et inquié-

ob^enu ce que je voulais, je n'y ai tildes. » Nous avons préféré repren-

pas rencontré ce que je cherchais. » dre les propres expressions dont

— M. Gandar a raison, je crois, de Bossnet s'était servi quelques lignes -

supprimer ici cette phrase : Bossuet v>lnshant.

solutions! [p. 6] « J'ai étudié mes voies, et enfin j'ai tourné mes pas, ô Seigneur ! du côté de vos témoignages : Cogitavi vias meas, et converti [pedes meos in testimonia tua.] » C'est le sujet de cet entretien, qui embrasse, comme vous voyez, tous les devoirs de la vie humaine. Fidèles, je n'en doute pas, vous avez souvent entendu de plus doctes prédications, et où les choses ont été mieux déduites que je ne suis capable de le faire ; mais je ne craindrai pas de vous assurer que ni dans les cabinets, ni dans les conseils, ni dans les chaires, ni dans les livres, jamais il ne s'est traité une affaire plus importante.

[Premier Point.]

[P. 7] Qu'est-ce que l'homme, ô grand Dieu ! que vous en faites état et que vous en avez souvenance l ? dit le prophète David 2. Notre vie, qu'est-ce autre chose qu'un égarement continuel? Nos opinions sont autant d'erreurs, et nos voies ne sont qu'ignorance. Et certes, quand je parle de nos ignorances, je ne me plains pas, Chrétiens, de ce que nous ne connaissons point quelle est la structure du monde, ni les influences des corps célestes, ni quelle vertu tient la terre suspendue au milieu des airs, ni de ce que tous les ouvrages de la nature nous sont des énigmes indissolubles3. Bien que ces connaissances soient très admirables et très dignes d'être recherchées, ce n'est pas ce que je déplore aujourd'hui ; la cause de ma douleur nous touche de bien plus près. Je plains notre malheur de ce que nous ne savons pas ce qui nous est propre, de ce que nous ne connaissons pas le bien et le mal, de ce que nous n'avons pas la véritable conduite qui doit gouverner notre vie.

[P. 8] Le sage Salomon étant un jour entré profondément en cette pensée : « Qu'est-il nécessaire, dit-il, que l'homme s'étudie à des choses qui surpassent sa capacité, puisqu'il ne sait pas même ce qui lui est con-

1. Édit. : Quid est homo qvod me- l'avons déjà rencontré dans le panémor es ejus ? — Ces mots, en effet, gyrique de saint François d'Assise, ont été ajoutés dans le manuscrit ; Les éditeurs, excepté Gandar, cormais on n'a pas remarqué que l'écri- rigent : « insolubles ». Il est vrai ture n'est pas de Bossuet. qu'il y a d'autres inadvertances :

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