‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 26 sur 441 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

les temps ni pour les personnes, puisqu'ils regardent également tous les hommes et tous les siècles. » Et le genre humain éclairé par la foi, le genre humain redressé par la morale chrétienne, le genre humain guéri de ses plaies et de la mort même par la rémission des péchés, c'est le sujet des trois points de cet admirable discours composé en 1665, repris exceptionnellement en 1668 et 1669, sur la Divinité de Jésus-Christ, qui est comme le Poème de la Religion de l'auteur des Sermons.

En terminant cette rapide inspection des sources où Bossuet a puisé, notons une conséquence intéressante de son commerce intime avec les Pères. Comme dans la Bible, il y apprit de bonne heure à tout connaître et à tout dire. Jamais il ne recule devant les explications -ou les comparaisons dont la pruderie moderne affecterait le plus de s'effaroucher. Est-il besoin de dire qu'on rencontre en ces endroits un tel parfum de vertu, une si grande horreur des vices, que la lecture et la méditation des passages les plus hardis ne peut être que saine et vivifiante? sauf peut-être pour ces âmes perverties, dont parle saint Paul, qui, appliquées à chercher des souillures, en trouvent partout, tandis que « tout est pur aux purs : Omnia munda mundis ; coinquinatis autem et infidelibus nihil est miindum l. » Chez notre orateur, la science, même la plus inattendue, ne perd jamais le caractère qu'elle tient de sa vénérable origine ; et quand nous l'entendrons, dès sa jeunesse, parler à pleine bouche des matières réputées les plus scabreuses, l'extrême franchise de son langage sera elle-même, pour les esprits sagaces, l'indice de cette candeur à laquelle une pieuse veuve, devenue la Sœur Cornuau de Saint-Bénigne, rendit plus tard ce beau témoignage : « Il était pur comme un ange2. »

Page 1