ESQUISSE SUR LA
Pour l'Association du Scapulaire. Vers 1653.
Sur l'enveloppe de ce sermon, on lit que ce manuscrit * a fourni plusieurs passages au sermon de l'Annonciation (1G55) et à celui du Rosaire (1657). En effet, Deforis, non content de fondre en un seul le troisième et le quatrième sermon pour l'Annonciation, y avait encore introduit plusieurs fragments de celui-ci, le jugeant trop peu important pour le donner à part. M. Lâchât l'a publié en 1864, mais d'une façon peu correcte. Les éditions subséquentes reproduisent son texte, avec les inexactitudes qui le déparent. Le sommaire ne s'est pas conservé.
Dicit Jésus Matri sues : Mulier, ecce filius tuvs.
Jésus dit à sa Mère : Femme, voilà votre fils.
(Joan., xix, 26.)
L'antiquité païenne a fort remarqué l'action d'un certain philosophe2, qui, ne laissant pas en mourant de quoi entretenir sa famille, s'avisa de léguer par son testament sa femme3 et ses enfants à son bon ami. Il se persuada, nous dit-on, qu'il ne pouvait honorer davantage l'humeur généreuse de cet ami, ni lui rien laisser de plus précieux que ce témoignage de sa confiance. A la vérité, Chrétiens, il paraît quelque chose de beau dans cette action, si elle a été faite de bonne foi et si l'affection a été mutuelle. Mais nous savons que les sages du monde ont ordinairement travaillé bien plus pour l'ostentation que pour la vertu, et que la plupart de leurs belles sentences ne sont dites que par parade «t par une gravité affectée. Laissons donc les histoires profanes et allons à l'Évangile de Jésus-Christ.
1. Au Séminaire de Meaux ; in- 3. C'est sa mère et non sa femme, f°, sans marge. Paginé, mais plus que légua ce philosophe. Cf. citard, dessus, p. 72.