Edit. : auxquelles. ment que le fit
fixe ni d'arrêté, en cela même qu'elle n'a point de passion dominante par-dessus les autres, elle est agitée de toutes les passions, avec violence x. Là les folles amours ; là le luxe, l'ambition et le vain, désir de paraître exercent leur empire sans résistance2. Tout s'y fait par une chaleur inconsidérée ; et comment accoutumer à la règle, à la solitude, à la discipline, cet âge qui ne se plaît que dans le mouvement et dans le désordre, et qui n'est presque jamais dans une action composée ! 3
Certes, quand nous nous voyons penchants sur le retour de notre âge, que nous comptons déjà une longue suite de nos ans écoulés, que nos forces se diminuent, et que le passé occupant la partie la plus considérable de notre vie, nous ne tenons plus au monde que par un avenir incertain, ha ! le présent ne nous touche plus guère. Mais la jeunesse, qui ne songe pas que rien lui soit encore échappé, qui sent, sa vigueur entière et présente, elle4 ne songe aussi qu'au présent, et y attache toutes ses pensées. Dites-moi, je vous prie, celui qui croit avoir le présent tellement à soi, quand est-ce qu'il s'adonnera aux pensées sérieuses de l'avenir ? Davantage5, quelle apparence de quitter le monde, dans un âge où il ne nous y paraît 6 rien que de plaisant ? Nous voyons toutes choses selon la disposition où nous sommes ; de sorte que la jeunesse, qui semble n'être formée que pour la joie et pour les plaisirs, ha ! elle ne voit rien de fâcheux; tout lui rit, tout lui applaudit. Elle n'a point encore d'expérience des maux du monde, ni des traverses qui nous arrivent : de là vient qu'elle