‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 305 sur 441 · Corrections de date postérieure : (Voir au 20 août · texte numérisé non relu

Corrections de date postérieure : (Voir au 20 août

« elle est emportée elle est agitée 3. Édit. : ci et qui n'a honte que de

tour à tour de toutes les tempêtes des la modération et de la pudeur. » —

passions, avec [une] incroyable vio- C'est une addition de date posté-

lence. » — Sous cette forme, cette rieure, qui devait se placer après le

belle pensée est dans toutes les mé- texte latin et se lire ainsi : « Et pu-

moires. det non esse impudentem. On n'a

2. Autre addition, au bas de la honte que de la modération et de la page, sans renvoi : « Saint Bernard pudeur. » S. Augustin, Confess., lib. ne se prend point parmi tant de II, cap. ix.

pièges ; il n'a jamais souillé la source 4. Ces pléonasmes oratoires aide l'amour. y> — Il y a grande ap- vaient été supprimés parles éditeurs, parence que ces remaniements sont 5. C'est-à-dire -.Déplus. (Omis par de 1056. Bossuet, prêchant la pro- les éditeurs.) fession d'une Postulante bernardine, 6. Edit. : où il ne nous présente, lit un nouvel éloge de saint Bernard.

s'imagine qu'il n'y a point de dégoût, de disgrâce pour elle. Comme elle se sent forte et vigoureuse, elle bannit la crainte, et tend les voiles de toutes parts à l'espérance qui l'enfle et qui la conduit.

Vous le savez, Fidèles, de toutes les passions, la plus charmante, c'est l'espérance. C'est elle qui nous entretient et qui nous nourrit, qui adoucit toutes les amertumes de la vie ; et souvent nous quitterions des biens effectifs, plutôt que de renoncer à nos espérances. Mais la jeunesse téméraire et malavisée, qui présume toujours beaucoup à cause qu'elle a peu expérimenté, ne voyant point de difficulté dans les choses, c'est là que l'espérance est la plus véhémente et la plus hardie : si bien que les jeunes gens, enivrés de leurs espérances, croient tenir tout ce qu'ils poursuivent ; toutes leurs imaginations leur paraissent des réalités. Ravis d'une certaine douceur de leurs prétentions infinies, ils s'imagineraient perdre infiniment, s'ils se départaient de leurs grands desseins ; surtout les personnes de condition, qui, étant élevées dans un certain esprit de grandeur, et bâtissant toujours sur les honneurs de leur maison et de leurs ancêtres, se persuadent facilement qu'il n'y a rien à quoi ils x ne puissent prétendre.

Figurez-vous maintenant le jeune Bernard, nourri en homme de condition, qui avait la civilité comme naturelle, l'esprit poli par les bonnes lettres, la rencontre2 belle et aimable, l'humeur accommodante, les mœurs douces et agréables : ha ! que de puissants liens pour demeurer attaché à la terre ! Chacun pousse de telles personnes : on les vante, on les loue ; on pense leur donner du courage3, et on leur inspire l'ambition. Je sais que sa pieuse mère l'entretenait souvent des4 mépris du monde ; mais, disons la vérité, cet âge ordinairement indiscret n'est pas capable de ces bons conseils. Les avis de leurs compagnons et de leurs égaux, qui ne croient rien de si sage qu'eux, l'emportent par-dessus les5 parents.

1. Les personnes de condition... — Edit. : la représentation. ils... Syllepse usitée alors. ( Voy. 3. Courage, cœur, ardeur. Remarques sur la grammaire et le 4. Edit. : du mépris. vocabulaire, au tome YII.) 5. Edit.: par-dessus ceux des

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