Ms. : plus que humaine. face cela, pour y substituer il
2. // au neutre : cela. Bossuet ef- 3. De Carne Christi, n. 5.
infinie que vous ressentîtes, quand le Saint-Esprit descendit sur vous pour former le corps de Jésus, après que l'ange vous eut saluée par ces divines paroles : Ave, [gratia plena].
[P. 1] Ce1 grand Dieu tout-puissant, qui de rien a fait le ciel et la terre, qui a tiré les astres et la lumière du sein d'un abîme infini de ténèbres ; ce Dieu, pour faire éclater sa puissance d'une façon extraordinaire en la personne de son cher Fils, a voulu que la plus grande infamie fût une source de gloire incompréhensible. C'est pourquoi le Sauveur Jésus, encore qu'il eût vécu comme ' un innocent, il a fini sa vie comme un criminel : et, comme si le gibet 3 et la mort n'eussent point eu pour lui assez de bassesse, il a choisi volontairement de tous les supplices le plus honteux, et de toutes les morts la plus inhumaine. En effet, le tourment de la croix, qu'est-ce autre chose qu'une longue mort, par laquelle la vie est arrachée peu à peu avec une violence incroyable, pendant qu'une nudité ignominieuse expose le pauvre supplicié à la risée des spectateurs inhumains? Si bien que le misérable patient semble en quelque sorte n'être élevé au-dessus de ce bois infâme, qu'afin de découvrir de plus loin une multitude de peuple, qui repaît ses yeux du spectacle de sa misère.
[P. 2] Non, l'imagination humaine ne se peut rien représenter de plus effroyable ; et jamais on n'a rien inventé ni de plus rigoureux pour les scélérats, ni de plus infâme pour les esclaves. Aussi le Maître de l'éloquence, accusant un gouverneur de province d'avoir fait crucifier un Romain, représente4 cette action comme la plus noire et la plus furieuse qui puisse tomber dans l'esprit d'un homme, et proteste que, par un tel attentat, la liberté publique et la majesté de l'Empire était violée5. C'était assez d'être né libre, Fidèles, pour être exempt de cet horrible supplice. Il ne fallait pas seulement que ceux que l'on attachait à la croix