‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 332 sur 441 · Ms. : ab initia. Ta être traité d'une manière plus · texte numérisé non relu

Ms. : ab initia. Ta être traité d'une manière plus

3. Ce développement est identique concise qu'en 1652 (Cf. Ibid.). à ce que nous avons lu dans le ser- 4. De Resurr. Corn., n. 14.

créatures, et que c'est là par conséquent sa plus grande gloire.

Maintenant je vous demande, le Sauveur Jésus, notre amour et notre espérance, notre pontife, notre avocat, notre intercesseur, pourquoi est-il monté sur la croix? pourquoi est-il mort sur ce bois infâme? qu'est-ce que nous en apprend le grand apôtre saint Paul 1 ? N'est-ce pas pour renouveler toutes choses en sa personne, pour ramener tout à la première origine, pour reprendre les premières traces de Dieu son Père, et reformer les hommes selon le premier dessein de ce grand ouvrier? C'est la doctrine du christianisme. Donc ce qui a porté le Sauveur à vouloir mourir en la croix, c'est qu'il était touché de ces premiers sentiments de son Père, c'està-dire, ainsi que je l'ai exposé tout à l'heure, de clémence, de bonté, de charité infinie.

En effet, n'est-ce pas à la croix qu'il a présenté devant le trône de Dieu, non point des génisses et des taureaux, mais sa sainte chair, formée par le Saint- Esprit, oblation sainte et vivante pour l'expiation de nos crimes ? N'est-ce pas à la croix qu'il a réconcilié toutes choses, faisant par la vertu de son sang la vraie purification de nos âmes 2 ? Les hommes étaient révoltés contre Dieu, ainsi que nous le disions dans la première partie, et, d'autre part, la justice divine était [p. 21] prête à les précipiter dans l'abîme en la compagnie des démons, dont ils avaient suivi les conseils et imité la présomption ; lorsque tout à coup notre charitable pontife paraît entre Dieu et les hommes. Il se présente pour porter les coups qui allaient tomber sur nos têtes. Posé sur l'autel de la croix, il répand son sang sur les hommes, il élève à Dieu ses mains innocentes ; et ainsi, pacifiant le ciel et la terre3, il arrête le cours de la justice divine, et change une fureur implacable en une éternelle miséricorde.

En suivant l'audace des anges rebelles, nous leur avions vendu nos corps et nos âmes, par un détestable marché ; et Dieu, sur ce contrat, avait ordonné que nous serions livrés en leurs mains. Dieu l'avait prononcé de

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