‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 364 sur 441 · Luc, XIII, 19. 4. Lib. de Unit. Eccl · texte numérisé non relu

Luc, XIII, 19. 4. Lib. de Unit. Eccl

d'une nouvelle catholique. 489

marche dans les ténèbres s'il abandonne l'unité de l'Église. Celui-là ne peut avoir Dieu pour père, qui n'a pas l'Église pour mère. En vain nos adversaires se glorifient-ils en toutes rencontres de la science des Écritures, qu'ils n'ont jamais bien étudiées selon la méthode des Pères, qui ont fait gloire de suivre les interprétations de leurs ancêtres. Nous enseignons, disaientils, ce que nous ont appris nos prédécesseurs ; et nos prédécesseurs l'ont reçu des hommes apostoliques ; et ceux-là, des apôtres ; et les apôtres, de Jésus-Christ ; et Jésus-Christ, de son Père. C'est à peu près ce que veulent dire ces paroles du grand Tertullien : Ecclcsia ab apostolis, apostoli a Christo, Christus a Deo tradidit1» O la belle chaîne, ô la sainte concorde, ô la divine tissure que nos nouveaux docteurs ont rompue ! Cette belle succession était la gloire de l'Église de Dieu ; c'est ce que nous opposions aux ennemis de Jésus, que, malgré les tyrans et les hérétiques, malgré la violence de la fraude, l'Ëa;lise de Jésus-Christ était demeurée immobile. Ils renoncent volontairement à cet avantagé. N'ontils pas osé assurer, dans l'article xxxi de leur Confession, qu'il a été nécessaire que Dieu en notre temps, « auquel l'état de l'Église était interrompu, ait suscité gens d'une façon extraordinaire, pour dresser l'Église de nouveau, qui était en ruine et désolation? » O parole inouïe aux premiers chrétiens ! si ce n'est, certes, qu'elle a toujours été témérairement avancée par les hérétiques, leurs prédécesseurs, et toujours constamment réfutée par nos Pères, les orthodoxes. L'avez-vous jamais cru, ô saints martyrs, ô bienheureux évêques, ô docteurs divinement éclairés, l'avez-vous jamais cru, que cette Église que vous fondiez par votre sang, ou que vous instruisiez par votre doctrine, dût être durant tant de siècles entièrement abolie, jusqu'à ce que Luther et Calvin la vinssent dresser de nouveau? Cette cité qui a occupé tout le monde, Dieu l'a fondée éternellement, dit l'admirable saint Augustin 2 ; le firmament tomberait aussitôt que l'Église serait éteinte : Dcus fundavit eam in set cr nu m.

Page 1