Ms. : dessein Bossuet ne distin- 7. Ephes., iv
vent à la plénitude de Jésus-Christ, ainsi que parle l'apôtre saint Paul : In mensuram setatis plenitudinis Christi1. La vie présente est comme l'enfance, celle dont les saints jouissent au ciel ressemble à la fleur de l'âge ; après suivra la maturité, dans la dernière résurrection. Au reste, cette vie n'a point de vieillesse, parce qu'étant toute divine, elle n'est point sujette au déclin. De là vient qu'elle n'a que trois âges, au lieu que ' notre vie corruptible souffre la vicissitude de quatre différentes saisons. Ce sont ces trois âges et ces trois dons pour lesquels le Prophète-roi chante à Dieu ces pieuses actions de grâces : Mon âme, dit-il, bénis le Seigneur, et que tout ce qui est en moi célèbre la grandeur de son nom. C'est lui, dit-il, qui pardonne tous tes péchés, c'est lui qui guérit toutes tes langueurs, c'est lui qui rachète ta vie de la mort3. H pardonne nos iniquités, quand il nous rend la justice en ce monde ; il guérit nos langueurs, quand il éteint la convoitise dans son Paradis ; il rachète notre vie de la mort, quand il nous ressuscite à la fin des siècles. Et encore que ces opérations soient diverses, elles ne regardent toutefois que la même fin, et ne s'emploient que dans le4 même œuvre. Car de même que l'homme en croissant n'acquiert point une nouvelle vie ni un nouvel être, mais s'avance à la perfection de celui que lui a donné5 la naissance : ainsi, soit que nos âmes soient couronnées de la gloire de Dieu dans le ciel, soit que nos corps ressuscites par son Esprit-Saint soient revêtus de l'immortalité du Sauveur, ce n'est pas une nouvelle vie que nous acquérons ; mais nous allons, selon l'ordre établi, au dernier accomplissement de cette vie divine et surnaturelle que nous avons commencée dans le saint baptême. C'est là, Fidèles, si nous l'entendons, cette nouveauté de vie dont parle l'Apôtre ; c'est là la résurrection spirituelle du chrétien à l'image de la résurrection de Notre-Seigneur.