‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 378 sur 441 · Ici, plus de manuscrit. Mais on constituons · texte numérisé non relu

Ici, plus de manuscrit. Mais on constituons

trouvera dans la suite' du discours 2. Édit. : à nos corps. — Le reste

des preuves nombreuses et évidentes de la phrase montre l'erreur.

de l'unité de l'œuvre que nous re- 3. Tar. : que Dieu est la vie de

saint Augustin sera véritable. Voyons ce qui en est,. et prouvons tout solidement par les Écritures.

Et premièrement, que Dieu soit plus noble et plus éminent que nos âmes, ce serait perdre le temps de vous le prouver. Pour ce qui regarde l'union de Dieu avec nos esprits, il y a non plus de lieu d'en douter, après que l'Écriture a dit tant de fois que Dieu viendrait en nous, qu'il ferait sa demeure chez nous1, que nous serions son peuple et qu'il demeurerait en nous 2 ; et ailleurs que qui adhère à Dieu est un même esprit avec lui 3 ; et enfin que la charité a été répandue en nos âmes par le Saint-Esprit qu'on nous a donné'''. Tous ces témoignages sont clairs et n'ont pas besoin d'explication.

L'union de Dieu avec nos âmes étant établie, il reste donc maintenant à considérer si l'âme, par cette union avec Dieu, est élevée à quelque action de vie dont sa nature ne soit pas capable par elle-même. Mais nous n'y trouverons point de difficultés, si nous avons bien retenu les choses qui ont déjà été accordées. Suivez, s'il vous plaît, mon raisonnement : vous verrez qu'il relève merveilleusement la dignité de la vie chrétienne.

Il n'y a rien qui ne devienne plus parfait en s 'unissant à un être plus noble : par exemple, les corps les plus bruts reçoivent tout à coup un certain éclat quand la lumière du soleil s'y attache. Par conséquent il ne se peut faire que l'âme s'unissant à ce premier Être très parfait, très excellent et très bon, elle n'en devienne meilleure. Et, d'autant que les causes agissent selon la perfection de leur être, qui ne voit que l'âme étant meilleure, elle agira mieux? Car dans cet état d'union avec Dieu, que nous avons montré par les Écritures, sa vertu est fortifiée par la toute-puissante vertu de Dieu qui s'unit à elle, de sorte qu'elle participe en quelque façon aux actions divines. Cela est peut-être un peu relevé : mais tâchons de le rendre sensible par un exemple.

Considérez les cordes d'un instrument: d'elles-mêmes,, elles sont muettes et immobiles ; sont-elles touchée?

l'âme à aussi bon titre que l'âme 2. Levit., xxvi, 12.

elle-même est la vie du corps. 3. 1 Cor., vi, 7.

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