Joan., Xiv, 23. 4. Rom., v
d'une main savante, elles reçoivent en elles la mesure et la cadence, et même elles la portent aux autres. Cette mesure et cette cadence, elles sont originairement dans l'esprit du maître; mais il les fait en quelque sorte passer dans les cordes, lorsque, les touchant avec art. il les .fait participer à son action. Ainsi l'âme, si j'ose parler de la sorte, s'élevant à cette justice, à cette sagesse, à cette infinie sainteté, qui n'est autre chose que Dieu, touchée pour ainsi dire par l'Esprit de Dieu, elle devient juste, elle devient sage, elle devient sainte ; et participant, selon sa portée, aux actions divines, elle agit saintement, comme Dieu lui-même agit saintement. Elle croit en Dieu, elle aime Dieu, elle espère en Dieu ; et lorsqu'elle croit en Dieu, qu'elle aime Dieu, qu'elle espère en Dieu, c'est Dieu qui fait en elle cette foi, cette espérance et ce saint amour. C'est pourquoi l'Apôtre nous dit que Dieu fait en nous le vouloir et le faire 1 , c'est-à-dire, si nous le savons bien comprendre, que nous ne faisons le bien que par l'action qu'il nous donne, nous ne voulons le bien que par la volonté qu'il opère en nous. Donc toutes les actions chrétiennes sont des actions divines et surnaturelles, auxquelles l'âme ne pourrait parvenir, n'était que Dieu s 'unissant à elle les lui communique par le Saint-Esprit, qui est répandu dans nos cœurs. Davantage2, ces actions que Dieu fait en nous, ce sont aussi actions de vie, et même de vie éternelle. Par conséquent on ne peut nier3 que Dieu, s'unissant à nos âmes, mouvant ainsi nos âmes, ne soit véritablement la vie de nos âmes. Et c'est là, si nous l'entendons, la nouveauté de vie* dont parle l'Apôtre5.
Passons outre 6 maintenant, et disons : Si Dieu est notre vie, parce qu'il agit en nous, parce qu'il nous fait vivre divinement en nous rendant participants des actions divines, il est absolument nécessaire qu'il détruise en nous le péché, qui non seulement nous éloigne de Dieu, mais encore nous fait vivre comme des bêtes,