‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 382 sur 441 · Yar. : Les fidèles. discours ne font qu'un. Nous en · texte numérisé non relu

Yar. : Les fidèles. discours ne font qu'un. Nous en

2. Si on retrouve le ms. de ce pre- rencontrerons d'antres encore, mier point, il nous paraît probable 4. C'est-à-dire : sans aucun doute. qu'on lira ici (( à même temps, » plu- Aujourd'hui cette locution, dont le tôt que « en même temps. » sens s'est affaibli, comme celui de

3. Voici un passage aussi formel beaucoup d'autres, n'exprime guère qu'on pouvait le souhaiter pour éta- qu'une supposition.

blir que les exordes et le corps du

ehés y sont abolis, et la nouveauté de vie y est commencée ; et de là vient que nous appelons le baptême le sacrement de régénération et de renouvellement de l'homme par le Saint-Esprit : d'où je conclus que le dessein de Dieu est de détruire en nous le péché, puisqu'il veut que la vie chrétienne commence par l'abolition x de nos crimes ; et ainsi il nous rend la justice que la prévarication du premier père nous avait ôtée. Grâces à votre bonté, ô grand Dieu, qui faites un si grand présent à vos serviteurs par Jésus-Christ le Juste, qui, 3e chargeant de nos péchés à la croix, par un divin échange nous a communiqué sa justice !

Alais ici peut-être vous m'objecterez que le péché n'est point détruit, même dans les justes, puisque la foi catholique professe qu'il n'y a aucun homme vivant qui ne soit pécheur. Pour résoudre cette difficulté et connaître clairement quelle est la justice que le Saint- Esprit nous rend en ce monde, l'ordre de mon raisonnement m'oblige d'entrer dans ma seconde partie, et de vous faire voir le combat du fidèle contre la chair et ses convoitises. Je joindrai donc cette seconde partie avec ce qui me reste à dire de la première dans une même suite de discours. Je tâcherai pourtant de ne rien confondre ; mais j 'ai besoin que vous renouveliez vos attentions.

[Second Point. J

La seconde partie de la vie chrétienne, c'est de combattre la concupiscence, pour détruire en nous le péché. Or, quand je parle ici de concupiscence, n'entendez par ce mot aucune passion particulière, mais plutôt toutes les passions assemblées, que l'Écriture a coutume d'appeler d'un nom général la concupiscence et la chair. Mais définissons en un mot la concupiscence, et disons avec le grand Augustin : La concupiscence, c'est un attrait qui nous fait incliner 2 à la créature au préjudice du Créateur, qui nous pousse aux choses sensibles au préjudice des biens éternels3.

1. Var. : par la rémission. 3. Ce n'est pas un texte de ce Père.

2. Var. : qui nous fait pencher à maisla substance du en. xvm de son la créature — qui nous attire à la livre VI contre Julien. Cf. De divt rt, créature. quœst. ad Simpîician., 1. I. q. n, li*

Qu'est-il nécessaire de vous dire combien cet attrait est puissant en nous? Chacun sait qu'il est né avec nous, et qu'il nous est passé en nature. Voyez avant le christianisme comme le vrai Dieu était méprisé par toute la terre ; voyez depuis le christianisme combien peu de personnes goûtent comme il faut les vérités célestes de l'Évangile, et vous verrez que les choses divines nous touchent bien peu. Qui fait cela, Fidèles, si ce n'est que nous aimons les créatures désordonnément? C'est pourquoi l'apôtre saint Paul dit : La chair convoite contre l'esprit, et l'esprit contre la chair1. Et ailleurs : Je me plais en la loi selon l'homme intérieur; mais je sens en moi-même une loi qui résiste à la loi de l'esprit2. Voilà le combat. Que si l'Apôtre même ressent cette guerre, qui ne voit que cette opiniâtre contrariété de la convoitise répugnant au bien se rencontre même dans les plus justes?

Dieu éternel! d'où vient ce désordre? Pourquoi cet attrait du mal même dans les saints? Car enfin ils se plaignent tous généralement que, dans le dessein qu'ils ont de s'unir à Dieu, ils sentent une résistance continuelle. Grand Dieu, je reconnais vos desseins ; vous voulez que nous expérimentions en nous-mêmes une répugnance éternelle à ce que votre loi si juste et si sainte désire de nous, afin que nous sachions distinguer ce que nous faisons par nous-mêmes d'avec ce que vous faites en nous par votre Esprit-Saint ; et que, par l'épreuve de notre impuissance, nous apprenions à attribuer la victoire, non point à nos propres forces, mais à votre bras et à l'honneur de votre assistance. Et ainsi vous nous laissez nos faiblesses afin de faire triompher votre grâce dans l'infirmité de notre nature. Par où vous voyez, Chrétiens, que la concupiscence combat dans les justes, mais que la grâce divine surmonte. C'est la grâce qui oppose à l'attrait du mal la chaste délectation des biens éternels, c'est-à-dire la charité, qui nous fait observer la loi, non point par la crainte de la peine, mais par l'amour de la véritable justice ; et cette charité est répandue en nos cœurs, non par le libre

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