Gai., v, 17. 2. Rom., VU
arbitre qui est né avec nous, mais par le Saint-Esprit qui nous est donné1.
La charité donc et la convoitise se font la guerre sans aucune trêve ; à mesure que l'une croît, l'autre diminue. Il en est comme d'une balance : autant que vous ôtez à la charité, autant vous ajoutez de poids à la convoitise. Quand la charité surmonte, nous sommes libres de cette liberté dont parle 1" Apôtre, par laquelle Jésus- Christ nous a affranchis2. Nous sommes libres, dis-je, parce que- nous agissons par la charité, c'est-à-dire par une affection libérale. Mais notre liberté n'est point achevée, parce que le règne de la charité n'est pas accompli. La liberté sera entière quand la paix sera assurée, c'est-à-dire au ciel. Cependant nous gémissons ici-bas, parce que la paix de la charité que nous y avons étant toujours mêlée avec la guerre de la convoitise, elle n'est pas tant le calme de nos troubles que la consolation de notre misère. Et en voici une belle raison de saint Augustin.
La liberté n'est point parfaite, dit-il, et la paix n'est pas assurée, parce que la convoitise qui nous résiste ne peut être combattue sans péril ; elle ne peut être aussi bridée sans contrainte, ni par conséquent modérée 3 sans inquiétude : Illa quse resistunt, periculoso debellantur prselio ; et illa quse victa sunt, nondum securo triumphantur otio ; sed adhuc sollicito premuntur imperio*. Et de là vient que notre justice ici-bas, je parle encore avec le grand Augustin, de là vient que « notre justice consiste plus en la rémission des péchés qu'en la perfection des vertus : Magis remissione peccatorurn constat, quam perfectione virtutum5. » Certes, je sais que ceux qui sont humbles goûteront cette doctrine tout évangélique, qui est la base de l'humilité chrétienne.
Mais si la vie des justes est accompagnée de péchés, comment est-ce que ma proposition sera véritable, que Dieu détruit le péché dans les justes, même en cette vie? C'est, s'il vous en souvient, ce que j'avais laissé à résoudre; maintenant je vous dirai en un mot: J'avoue