C'est le sujet du premier point. 4. Serm. clxi, u
corpus tuum: Dieu tenant ce qu'il y a de meilleur, c'est-à-dire l'esprit, par le moyen du meilleur il entre en possession du moindre ; » par le moyen du prince, il entre en possession du sujet, « c'est-à-dire du corps. » C'est pourquoi l'Apôtre dit que nos corps sont les temples du Saint-Esprit. Qui peut douter que le Saint-Esprit ne se mette en possession de son temple? Et s'il est vrai que nos corps soient ses temples, il est donc en possession de nos corps. Certainement il faut bien qu'il en soit le maître, puisqu'il les emploie comme l'instrument par lequel l'âme met en pratique les saintes volontés qu'il inspire. Qu'est-ce qui donne l'aumône, si ce n'est la main? Qu'est-ce qui confesse Jésus-Christ, si ce n'est la bouche? Qu'est-ce qui pleure les péchés, si ce n'est les yeux? Qu'est-ce qui brûle du zèle de Dieu, si ce n'est le cœur? Tous nos membres en un mot, dit saint Paul, sont des hosties vivantes de Dieu. Et partant n'est-il pas clair que l'Esprit de Dieu se met en possession de nos corps, puisqu'ils sont les instruments de ses grâces, les temples où repose sa majesté, les hosties consacrées à sa souveraine grandeur?
Qu'inférerons-nous de cette doctrine? La conséquence en est bien évidente. Dieu habitant en nos âmes a pris possession de nos corps : par conséquent, ô mort, tu ne les lui saurais enlever. Tu penses qu'ils sont ta proie, ce n'est qu'un dépôt que l'on consigne en tes mains : tôt ou tard Dieu rentrera en son bien. Notre Sauveur dit dans son Évangile : « Personne ne peut rien ôter des mains de mon Père ; Nemo potest rapere de manu Put ris '. » Et en effet quelle vertu assez grande pourrait faire lâcher la prise au Dieu tout-puissant? Or sa main et « son doigt », c'est le Saint-Esprit. Et si cet Esprit commence ici-bas de se mettre en pfossession] de nos corps2, donc, ô profonds abîmes, et vous, flammes dévorantes, et toi, terre, mère tout ensemble et sépulcre commun de tous les mortels, vous rendrez, vous rendrez ces corps que vous avez engloutis, et plus tôt l'univers sera renversé qu'un seul de nos chevelue périsse3. L'Esprit qui a animé Jésus-Christ, qui