‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 394 sur 441 · E].hes., iv, 10. 2. Coloss., il · texte numérisé non relu

E].hes., iv, 10. 2. Coloss., il

a combattu par sa mort : c'est descendre infiniment à un Dieu, que de mourir cruellement sur un bois infâme. Mais aujourd'hui ce même Jésus, après son combat, montant à la droite du Père, met tous ses ennemis à ses pieds ; et à la vue d'une si grande puissance, tout genou se fléchit devant lui, comme dit l'Apôtre, dans le ciel, dans la terre, et dans les enfers1. Chantons donc avec le Psalmiste, et disons à notre Maître victorieux : Élevez-vous, Seigneur, au lieu de votre repos ; vous et l'arche que vous vous êtes sanctifiée 2 ; c'est-à-dire vous et l'humanité que vous vous êtes unie. Disons avec Moïse : Élevez-vous, Seigneur, et que vos ennemis disparaissent, et que ceux qui vous haïssent soient dissipés devant votre face3. Et certainement il est vrai que la magnificence de son triomphe dompte la fierté de ses adversaires, et rompt leurs entreprises audacieuses. Les démons n'auraient point senti leur déroute, s'ils n'avaient reconnu par expérience que l'autorité souveraine avait été mise aux mains de celui dont ils avaient méprisé la faiblesse : c'est pourquoi il était convenable qu'après être descendu pour combattre, il allât au ciel recueillir la gloire que ses victoires lui avaient acquise. Comme un prince qui a sur les bras une grande guerre contre une nation éloignée, quitte pour un temps son royaume pour aller combattre ses ennemis en leur propre terre ; puis, l'expédition étant achevée, il rentre avec un superbe appareil dans la ville capitale de son royaume, et orne toute sa suite et ses chariots des dépouilles des peuples vaincus ; ainsi le Fils de Dieu, notre roi, voulant renverser le règne du diable, qui, par une insolente usurpation, s'était hautement déclaré le prince du monde, il est lui-même descendu en terre pour repousser4 cet irréconciliable ennemi; et l'ayant dépossédé de son trône par des armes qui n'auraient rien eu que de faible, si elles avaient été employées par d'autres mains que celles d'un Dieu, il ne restait plus autre chose à faire sinon qu'il retournât triomphant au ciel, qui est le lieu de son origine, et le siège principal de sa royauté.

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