Var. : dont. 2. Hebr., v
chant, il nous prépare les grâces ; en intercédant, il nous les obtient ; en bénissant, il les épanche sur nous. Or ces fonctions sont si excellentes, qu'aucune créature vivante n'est capable de les exercer dans leur perfection. C'est Jésus, c'est Jésus qui est l'unique et le véritable pontife ; c'est lui seul qui approche de Dieu avec dignité, lui seul qui intercède avec fruit, lui seul qui bénit avec efficace. Ce sont de grandes choses en peu de mots : attendez-en l'explication de l'Apôtre, dont je ne ferai que suivre les raisonnements. Montrons, par cette doctrine toute chrétienne, qu'il était nécessaire que notre Sauveur, pour faire sa charge de grand Pontife, allât prendre sa place auprès de son Père, à la droite de la majesté ; faisons voir incidemment à nos adversaires, qui veulent tirer ces belles maximes à l'avantage de leurs nouvelles doctrines, qu'ils les ont très mal entendues, et que le véritable sens en est dans l'Église. Seigneur Jésus, soyez avec nous.
La doctrine de l'Apôtre m'oblige à vous représenter la structure du Tabernacle, qui était le temple portatif des Israélites, et tout ensemble celle du temple auguste de Jérusalem, que Salomon avait fait bâtir sur la forme du Tabernacle que Dieu lui-même avait désigné à Moïse. Le Temple donc et le Tabernacle avaient deux parties : le devant du temple, l'autel des sacrifices était au milieu, dont l'entrée était libre à tous les enfants d'Israël : là se faisaient les oblations, et toutes les autres cérémonies qui regardaient le service divin ; le lieu saint, [où étaient] les tables, les pains de proposition, les parfums, le chandelier d'or, [et où entraient] les enfants d'Aaron et les lévites 1. Mais il y avait une autre partie plus secrète et plus retirée, où était l'arche, et le propitiatoire qui était la couverture de l'arche, et les chérubins d'or qui étendaient leurs ailes sur l'arche comme pour couvrir la majesté du Dieu des armées, qui
1. Cette phrase est une addition. verbes ajoutés par Deforis, sans les- - écrite en abrégé. Nous y laissons les quels elle serait peu intelligible.
avait en ce temps choisi l'arche pour sa demeure. Ce lieu si auguste et si religieux1, consacré par une dévotion plus particulière2, s'appelait l'Oracle ou le Sanctuaire, ou autrement le Lieu très saint et le Saint des saints, selon la façon de parler des Hébreux. De •ce lieu, il était prononcé : Quiconque y entrera, il mourra de mort. C'était le lieu secret et inaccessible, où on n'osait pas même porter ses regards, tant il était vénérable et terrible , et c'est pourquoi, entre le Lieu saint et le Sanctuaire, un grand voile parsemé de chérubins était étendu, qui couvrait les mystères aux yeux du peuple, et leur apprenait à les respecter dans une profonde humiliation. Telle était la forme du temple où l'ancien peuple servait3 le Seigneur son Dieu.
Que ce lieu avait de majesté, Chrétiens ! et que c'est avec beaucoup de raison que les plus grands monarques de l'Orient l'ont honoré par leurs sacrifices et ont donné tant de privilèges illustres à ce temple et à ses ministres ! Mais il vous paraîtra beaucoup plus auguste, si vous remarquez que cette sainte maison était la seule dans tout l'univers que Dieu avait choisie pour son domicile, et qu'il n'y avait que ce lieu dans la terre où l'on fît le service du vrai Dieu vivant, et dans lequel on lui consacrât des victimes. C'est ce qui a fait dire aux anciens Hébreux, et après à quelques auteurs ecclésiastiques4 que ce temple unique du peuple de Dieu était la figure du monde. Car de même qu'il n'y a qu'un Dieu créateur et un monde qui est l'ouvrage de sa sagesse et comme le temple de sa majesté, où il est loué et servi par l'obéissance de ses créatures ; ainsi il n'y avait qu'un seul temple, qui représentait dans son unité le monde unique bâti5 par le Dieu unique.
Selon cela, j'apprends de l'Apôtre, au IXe [chap.l de l'Épître aux Hébreux, que cette partie du temple de Salomon dans laquelle se faisait l'assemblée du peuple nous figurait la terre, qui est la demeure des hommes, et que ce lieu si secret, si impénétrable 6, où était l'arche
1. Yar. : si auguste et si vénérable. jfonarcA. — S. Hieron., Epist. ad
2. Var. : par une religion très par- Fabiol. — Homil. inter Oper. S. Chryticulicre. sost. ïDeforis.)