Deut.. x, 15. "2, Joan., vu
Sermoi Z
qu'elle passe à tous ses amis et fait remuer à ses ennemis tous leurs artifices pour s'opposer à l'exécution de ce grand dessein. C'est le propre des grands desseins de s'étendre à beaucoup de personnes. Et nous ne jugeons jamais un dessein si grand que lorsque nous voyons que tous les amis y prennent part, et que tous les ennemis s'en remuent. Comme ils ne s'excitent qu'à cause de nous et que nous donnons le branle à leurs mouvements, il faut que notre émotion soit bien grande pour porter son coup si loin.
Elle paraît bien, son affection envers ses élus, par les soins qu'il a de les rechercher. N'est-ce pas lui qui les a assemblés de tous les coins de la terre, qui leur a donné le sang de son Fils? Et celui qui leur a donné son Fils, que leur peut-il refuser? Il a pris plaisir luimême de les faire aimables, afin de leur donner sans réserve son affection : Dcdit sernetipsum pro nobis, ut mundaret sibi populum acceptab'rfem, sectatorem bonorum operum1. Quoi ! en ce monde, qui est un lieu d'épreuve et de larmes, où il ne leur promet que des misères, où il veut les séparer de toutes choses : Veni separare, etc. ; Non veni pacem mittere, sed gladium3 ! Cependant il les comble de bénédictions. Ils sont inébranlables, voient tout le monde sous leurs pieds ; ils se réjouissent dans leurs peines : Gaudentes quia digni liabiti sunt pro nomine Jesu contumeliam pati3. Au reste, ils sont dans un repos, une fermeté et une égalité merveilleuse. Leurs chaînes délivrent les infirmes de leur maladie. Il donne de la gloire jusqu'à leurs ombres. Vous diriez que, quelque résolution qu'il ait prise, il ne saurait s'empêcher de leur faire du bien et de leur laisser tomber un petit avant-goût de leur béatitude. Et cependant cela n'est rien : il leur en prépare bien davantage. Il n'estime pas que cela rompe la résolution de les affliger : tant il estime peu ces biens à comparaison de ceux qu'il leur garde ! Ce monde même, quoiqu'il ait été fait pour les élus, il semble que Dieu n'estime pas ce présent, ou, s'il l'estime, c'est à peu près comme un père estimerait cette partie du bien de ses