‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 44 sur 441 · Tit., Il, 14. 3. Act.. v, 41.— Bossuet : pcisecu · texte numérisé non relu

Tit., Il, 14. 3. Act.. v, 41.— Bossuet : pcisecu

2 Matth., x. 35 ; Ibiâ.. 34. tionempati.

onfants de laquelle ils auraient l'usage commun avec les valets. Ce soleil, tout beau qu'il est, luit également sur les bons et sur les impies. Et quelles seront donc les choses qu'il réserve pour ses enfants ! avec combien de magnificence les régalera-t-il dans ce banquet de la gloire, où il n'y aura que des personnes choisies, electi, et où il ne craindra plus de profaner ses bienfaits ! Avec quelle abondance cette nature souverainement bonne se laissera-t-elle répandre ! abondance d'autant plus grande, qu'elle se sera rétrécie si longtemps durant le cours de ce temps misérable, et qu'il faudra alors qu'elle se débonde. Vivez, heureux favoris du Dieu des armées : il a tout fait pour vous, il vous a préservés parmi tous les périls de ce monde, il vous a gardés, quasi pupiUam oculi sui1. Il ne s'est pas contenté de vous faire du bien par miséricorde : il a voulu vous être redevable, afin de vous donner plus abondamment. Il a voulu vous donner le contentement de mériter votre bonheur, et a mieux aimé partager avec vous la gloire de votre salut et de son dessein dernier, que de diminuer la satisfaction de votre âme. Vous êtes les successeurs de son héritage : c'est vous que regardent les promesses qu'il a faites à Abraham et à Isaac ; mais2 c'est vous que regarde l'héritage promis à Jésus- Christ.

[II.] Il faut donc savoir que tous les biens que Dieu promet aux prédestinés, c'est conjointement avec Jésus-Christ : il ne faut point séparer leurs intérêts. Dieu promet à Abraham de bénir toutes les nations, « in semine tuo 3, dans ton fils » ; où l'apôtre saint Paul remarque : Xon in seminïbus, sed tanquam in uno*. Cette bénédiction, c'est ce qui fait cette vie nouvelle que Dieu nous donne. Donc cette vie nouvelle réside dans Jésus- Christ comme dans le chef, et de là elle se répand sur les membres; mais ce n'est que la même vie: Vivo autciii, jam non ego; vveit vero in me Christus5. L'héritage ne nous regarde qu'à cause que nous sommes les onfants de Dieu. Nous ne sommes les enfants de Dieu

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