ESQUISSE SUR LA PÉNITENCE
Ces deux pages 1, que Bossuet a plus tard intitulées : Pénitence, ont été mises par les éditeurs dans ce fouillis d'interpolations, qu'ils qualifient de Fragments d'un sermon pour le IIIe dimanche de l Arent 2. Ces prétendus fragments d'un sermon se composent 1° d'un sermon de charité, pour 1659; 2° (à la suite de la péroraison nettement indiquée) d'une partie du sermon du IVe dimanche de l'Avent de 1GG8, à Saint-Thomas du Louvre; 3° enfin des pages que nous allons publier, qui furent écrites quatorze ans plus tôt.
M. Lâchât, ce cet impitoyable redresseur de torts », semble n'avoir rien soupçonné de tout cet étrange amalgame. Il le reproduit à son tour, se contentant d'introduire dans une phrase une heureuse correction. Tout à côté, d'ailleurs, il laisse subsister des inexactitudes, et une ponctuation qui forme contresens.
Pour comprendre solidement combien est grande la colère de Dieu contre les pécheurs qui ne l'apaisent pas par la pénitence, il faut supposer deux principes, dont la venté est indubitable. Le premier principe que je suppose, c'est que plus celui qui gouverne est juste, plus les iniquités sont punies. Le second, c'est que la peine, pour être juste, doit être proportionnée à l'injustice qui est dans le crime. Ces principes étant connus par la seule lumière de la raison, il faut tirer cette conséquence que n'y ayant rien de plus juste que Dieu, rien de plus injuste que le péché, ces deux choses concourant ensemble doivent attirer sur tous les pécheurs le plus horrible de tous les supplices.
Que Dieu soit infiniment juste, ou plutôt qu'il soit la justice même, c'est ce qui paraît manifestement, parce qu'il est la loi immuable par laquelle toutes choses ont été réglées. Ce qu'il vous sera aisé de comprendre, si
I. Ms. f. fr. 12821. f. 211. Daté l'orthographe, d'après l'analogie de l'écriture et de 2. Lâchât, t. VIII.p. 220. ligne 22.