‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 5 sur 441 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

Comme c'iacun le sait, les Sermons sont une œuvre posthume. Bossuet n'en avait fait paraître qu'un seul, celui de l'Unité de l'Eglise. Ce discours, prononcé le 9 novembre 1681, à l'ouverture de la trop célèbre assemblée de 1682, était dans la pensée de son auteur une œuvre de pacification : tous les termes en avaient été pesés ; et il souhaitait qu'ils pussent être lus à Rome comme à Paris : de là l'exception faite en sa faveur. La Cour exigea, à la fin de 1669, l'impression de l'oraison funèbre de la Reine d'Angleterre. Sans cette circonstance, cette œuvre magnifique, et les cinq autres qui suivirent, auraient pu avoir le sort de l'oraison funèbre d'Anne d'Autriche. Celle-ci, composée deux ans plus tôt, pour le service du bout de l'an (janvier 1667), est perdue, ce semble, pour jamais. Six oraisons funèbres et un discours de circonstance, voilà donc tout ce que d'impérieuses exigences purent arracher à l'humilité du grand orateur. Une autre oraison funèbre, celle de son ancien maître Nicolas Cornet, et le sermon pour la profession de Mme de La Vallière, parurent, il est vrai, de son vivant, mais sans son aveu. Certaines infidélités réelles, bien qu'elles ne portassent guère que sur des détails, l'empêchèrent de se reconnaître dans des œuvres défigurées sur quelque point. A prendre les choses dans l'ensemble, ne doit-on pas dire qu'à la mort de Bossuet (1704), ses œuvres oratoires étaient restées inédites?

Il en fut ainsi jusqu'en 1772. « On ne saurait, remarquent avec raison les éditeurs de Versailles (1815), avoir trop de reconnaissance pour le service qu'ont rendu à la Religion et à la littérature française Dom Deforis 1 et Dom Coniac, son collaborateur, en consacrant des années entières à déchiffrer, comparer, mettre en ordre et publier, avec des soins et une exactitude bien pénible, un nombre presque infini de feuilles volantes, chargées de ratures, de renvois, de corrections de toute espèce... »

1. Nous écrivons ainsi ce nom, sans ac- manuscrit ), où ii a tracé un F, et non un

cent, conformément à la signature auto- D. L'observation est vraie, mais ineorn-

graphe du bénédictin lui-même (Bibl. plète: ce n'est pas un F seulement qu'il

nat., Nouv. acq. fr., 274). De même dans faut lire, mais un F et un J ; et cela signi-

notre Histoire critique . . On a prétendu fie : Frère Jean (Dom Jean Pierre Defo-

qu'il se serait appelé eu réalité de>Forit; ris). et on allègue plusieurs paraphes (même

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